«À mon avis, le ministre de l’Immigration a tendance à laisser voir qu’il est le «possesseur tranquille de la vérité» jusqu’à ce qu’il constate que son projet ne passe pas la «rampe». Alors, et alors seulement, il annonce un recul», écrit Henri Marineau.

Refonte de l’immigration: où était la consultation?

POINT DE VUE / Dans la saga suscitée par le dépôt du projet de refonte de la Loi sur l’immigration par le ministre Simon Jolin-Barrette, je suis demeuré pantois sur les réactions du président de la Chambre de commerce de Montréal, de divers recteurs d’universités et de directions de cégeps à l’effet qu’ils n’avaient pas été consultés sur ledit projet du ministre. De là la réaction du premier ministre Legault qui a déclaré au lendemain du dépôt qu’il n’avait pas envisagé un tel tollé eu égard aux étudiants étrangers actuellement en période de formation mais dont le domaine d’études n’est pas inscrit sur la liste contenue dans la refonte de la loi.

Pourtant, il est évident que Simon Jolin-Barrette aurait été avisé de cette lacune s’il y avait eu consultation préalable des recteurs des universités et des directions des établissements collégiaux. Autrement dit, au lieu de consulter d’abord et de proposer ensuite son projet comme la règle de toute saine gestion l’exige, le gouvernement a proposé son projet de réforme pour ensuite réagir aux contestations en ajoutant une clause de droit acquis dans le cas des étudiants en cours d’études même si leur champ d’application n’apparaît pas sur la liste du gouvernement.

À mon avis, le ministre de l’Immigration a tendance à laisser voir qu’il est le «possesseur tranquille de la vérité» jusqu’à ce qu’il constate que son projet ne passe pas la «rampe». Alors, et alors seulement, il annonce un recul. Une très mauvaise approche qu’il devra corriger s’il ne veut pas que son «aura» ne disparaisse rapidement en «fumée»!