La Société québécoise du cannabis a décidé d'installer l'une de ses succursales de Québec au 2491, chemin Sainte-Foy.

Qui a pris cette décision insensée?

La semaine dernière, la Société québécoise du cannabis (la Société) nous informait que sa deuxième succursale à Québec se situera à un jet de pierres du Cégep de Sainte-Foy au 2491, chemin Sainte-Foy.

Ma première réaction fut de trouver ce choix d’emplacement pour le moins hasardeux, sinon totalement inapproprié et irresponsable. 

Ma deuxième réaction, qui est venue bousculer rapidement ma première, fut de trouver que j’étais peut-être moyenâgeux dans mes réflexions et qu’en octobre, lors de la légalisation du cannabis, il sera approprié de mettre les lieux de vente au cœur du milieu de vie de la clientèle. 

Sur le coup, je me suis trouvé un peu vieux jeu de m’inquiéter des effets sur la clientèle étudiante, de la disponibilité de cette drogue à proximité. Mais je me suis rapidement ravisé. Que voulez-vous? Ma fille a 17 ans, je l’aime beaucoup et m’en préoccupe même si elle est presque adulte. Elle entre au Cégep de Sainte-Foy cet automne et, bien que je lui fasse confiance, je ne comprends pas l’objectif de la Société d’installer un point de vente dans la cour arrière de son milieu scolaire. 

Qui prend cette décision insensée au juste? La Société est totalement autonome dans les choix des sites si ceux-ci sont conformes aux critères préalablement établis? Qui a établi les critères? Comment expliquer que les municipalités concernées ne participent pas aux évaluations d’emplacements? Celles-ci sont pourtant bien au fait des données démographiques et socio-économiques des différents secteurs et auraient une valeur ajoutée dans le processus. 

Il me semble que la Société devrait faire preuve de plus de jugement et de cohérence en cette matière et se référer à son mandat, qui est social, et sa priorité, qui est la santé et la sécurité de sa clientèle. Bien entendu, si l’objectif premier de la Société est d’engranger des profits, cet emplacement est tout désigné… 

J’ai été conforté en entendant mon ami et ministre Sébastien Proulx avoir les mêmes inquiétudes que moi. Puisque je ne le trouve pas vieux jeu pour deux sous, cela m’a ragaillardi pour écrire ces quelques lignes. La Société, il n’est pas trop tard pour refaire vos devoirs.

Jonatan Julien, Conseiller municipal Neufchâtel-Lebourgneuf