Dans cette lettre ouverte, la Française Karine Proust livre une véritable déclaration d'amour à Québec.

Québec la Douce

Douces sont les promenades au fil des quartiers de Québec. Pendant mon séjour, j’ai marché pendant des heures sans jamais me lasser. Chaque coin de rue était une nouvelle découverte soit vers un quartier, soit sur une nouvelle vue qui s’offrait à moi. Que vous aimiez ou non la culture, l’histoire, la nature, le tourisme, le shopping, Québec est une invitation à la flânerie, à la poésie, un savoureux mélange de rencontres surprenantes, délicieuses et inattendues.

En me promenant du côté de la Gare du Palais, 40 chaises «poétiques», oeuvre de l’artiste Michel Goulet, vous offre le privilège de vous asseoir sur des poèmes ou de déambuler entre ceux-ci. C’est ici que j’y ai rencontré Denis Côté, fils du peintre impressionniste de Maizerets, Valmont-Côté (1921-2003) qui, me voyant admirer l’installation, se mit tout naturellement à me conter la culture québécoise. Et c’est ainsi qu’en parlant avec lui, j’appris que la fontaine Charles Daudelin derrière lui avait sa petite soeur à Paris, place du Québec, et là, en toute parisienne que je suis, alors que j’ai sillonné des milliers de fois la ville qui m’a vu naître, rien de pareil me rappelait cette fontaine. Soit dit entre nous, je suis allée voir sur internet et effectivement je l’ai trouvée.

Denis Côté me parla de l’oeuvre de son père avec douceur, simplicité et humilité. Il attendait sagement le bus qui le conduirait à Baie-St-Paul afin d’y chercher les toiles de son père qui ont été récemment exposées dans ce joyau d’artisanat. Ce fut une belle rencontre.

Un petit détour et hop me voilà sur le lieu historique Cartier-Brébeuf, là où une autre partie historique vous emmènera sur les traces de Jacques Cartier.

C’est pour cela que je marche autant. Pour laisser l’imprévu et la possibilité des rencontres de lieux, de personnes ou d’animaux... Car vous ne pourrez pas rater les rendez-vous impromptus avec les écureuils aux pelages bien fournis. J’ai beaucoup observé leurs allers et venues aux Plaines d’Abraham ou dans le centre-ville. Ils sont vifs. Je n’ai pu les approcher qu’aux abords de la Rivière St-Charles lors d’une de mes grandes balades quotidiennes. J’avais emmené quelques noix avec moi au cas où... Et j’en fut bien heureuse! Les écureuils arrivaient en courant très proches de moi car ils savaient, sans doute par habitude, puisqu’il est fréquent de voir les habitants leur donner à manger, qu’un petit mets les attendaient. Quelques noix, quelques petits moments à les observer et ma route reprenait son cours jusqu’à l’exposition extérieure proposée par Avocats Sans Frontières Canada devant le centre récréatif de St-Roch. Le photographe Lassine Coulibaly nous plonge au travers de ses photos au coeur de la violence faites sur les femmes et filles durant les conflits au Mali. Les photos et légendes en disent long...


«En me promenant du côté de la Gare du Palais, 40 chaises «poétiques», oeuvre de l’artiste Michel Goulet, vous offre le privilège de vous asseoir sur des poèmes ou de déambuler entre ceux-ci.»

Je reprends la route et quelques centaines de mètres plus loin, des enfants affluent par dizaines vers la rue Chênevert. J’arrive juste avant le départ de la parade des jouets. Ce sont des centaines de personnes qui attendent le départ des chars s’apprêtant à parcourir les rues avec de jeunes gens costumés, joyeux et enthousiastes à l’idée de faire rêver petits et grands. Le concept est séduisant et si vous souhaitez en savoir davantage, faites comme moi, renseignez-vous du pourquoi du comment de cette initiative.

En repartant du côté du quartier St-Jean-Baptiste dont les jolies maisons colorées me font oublier le grand escalier que je viens d’emprunter - noter que l’ascenseur est plus pratique mais il vous ôte la joie d’admirer la vue - les maisons sont rouges, bleues, jaunes, vertes... l’architecture de ce quartier n’est semblable à aucun autre et pourtant je suis toujours dans Québec non loin des tours se trouvant vers la place D’Youville.

Encore quelques mètres plus loin et me voici dans la rue St-Jean, axe incontournable où de nombreux magasins et restaurants animent la rue d’un bout à l’autre. Dans la rue St-Jean, je ne pouvais qu’entrer dans la bibliothèque Claire-Martin, située dans une ancienne église anglicane. L’édifice classé monument historique depuis 1976 a gardé son âme religieuse. C’est une belle surprise qui me semble être un lieu de visite incontournable.


« Québec, havre de paix, pour moi parisienne qui connaît le stress permanent d’une ville agitée sous toutes ses formes, merci pour l’accueil si chaleureux qui fait du bien au coeur. »
Karine Proust

Un autre jour, l’envie me pris d’aller à l’aquarium à pieds, dans le quartier Ste-Foy.

Mis à part les phoques, les morses et les splendides méduses du site, c’est le pont de Québec que je voulais voir ! En me promenant dans le site, il était là devant moi du haut de ses 102 ans! Splendide! Quelle oeuvre majestueuse! Il neigeait, le ciel s’habillait de nuances de gris, et ce monstre d’acier prenait toute la vue au-dessus du St-Laurent.

Mon retour vers le centre-ville se fit cette fois à moitié à pieds et à moitié en bus. C’est justement à un arrêt de bus que je fis la rencontre de Mireille avec qui j’entamais la conversation et qui m’offrit ma place de bus! C’était avec plaisir me dit-elle... Nous nous sommes raconté des bribes de vie, parlé de nos enfants.

Son arrêt bientôt là, malgré qu’elle allait presque aussi loin que moi, était si vite arrivé que je n’ai pas eu le temps de lui demander son numéro... J’aurais voulu l’inviter à prendre un café pour la remercier et parce que nous avions tant de points en commun dans notre façon de voir les choses que j’aurais aimé continuer notre conversation.

Mes balades ne se sont pas arrêtées là. Il y a eu plusieurs visites dans le quartier du Petit-Champlain, le quartier St-Roch, Limoilou... Et du côté de l’avenue Cartier dont la maison Henri-Stuart trône au milieu d’un jardin. Poussez la porte et vous vous retrouverez au coeur de la bourgeoisie datant du début du XXe siècle.

J’ai rêvé dans la boutique féérique de Noël dans les contrebas du Château Frontenac. J’ai passé du temps à prendre mes petits déjeuners dans mes lieux favoris. L’accueil dans les magasins est si chaleureux et si conviviaux, on vous donne toujours des sourires et des remerciements. On vous demande si vous allez bien.

Québec, havre de paix, pour moi parisienne qui connaît le stress permanent d’une ville agitée sous toutes ses formes, merci pour l’accueil si chaleureux qui fait du bien au coeur. Une parisienne de passage qui resterait bien chez vous. Je reviendrai car je me garde d’autres visites comme celle de l’observatoire et du musée des plaines d’Abraham entres autres.

Je vais ramener des souvenirs pleins la tête et un petit sac de mélanges d’herbes et d’épices concoctés par le peuple autochtone Hurons-Wendat, première nation amérindienne.

Soyez conscient chers Québécois que vous avez une chance inouïe de vivre dans la ville dans laquelle vous vivez. Merci. J’ai beaucoup de gratitude pour les merveilleuses rencontres et moments passés chez vous.