Les téléphones intelligents ont éliminé ou forcé toute une panoplie de produits et services à s’adapter pour survivre.

Quand le changement fait mal

POINT DE VUE / Le changement fait le bonheur de certains à la même vitesse que le malheur des autres, comme par un jeu maléfique de vases communicants.

Mais quelquefois, le changement arrive et on ne peut rien pour l’empêcher, ce serait comme tenter de freiner un tsunami.

Internet a lancé le bal à la fin du dernier siècle. Le courrier électronique qui l’a exploité à fond a initié la mise en péril de nos systèmes postaux. Vient ensuite le Web, qui a miné les systèmes traditionnels de publicité écrite.

L’arrivée de la téléphonie cellulaire a éliminé les téléphones publics et brisé les monopoles de plusieurs compagnies de téléphone. Les téléphones intelligents ont éliminé ou forcé toute une panoplie de produits et services à s’adapter pour survivre : Pages jaunes, cartes routières, agendas, photographie et vidéo et bien sûr le principal perdant dans toute cette affaire, le commerce de détail avec pignon sur rue. Même notre système de poste doit maintenant se transformer en service de livraison de colis pour sauver sa peau.

Le coup de grâce pour certains est venu des réseaux sociaux et de la panoplie de services offerts par des individus et auxquels donnent accès les téléphones intelligents. Airbnb, Uber, Kijiji, Ebay ne sont que quelques noms connus, si ce ne sont pas eux, ce seront d’autres avec d’autres noms et d’autres fondateurs milliardaires instantanés qui le feront.

Dans ce monde économique en bouleversement et en ajustement perpétuel, que les chauffeurs de taxi voient le gouvernement du Québec avec sa loi 17 sur l’industrie du taxi comme le grand responsable de leurs malheurs, c’est pour moi plutôt incongru. Le gouvernement peut bien tenter de les aider à survivre et à s’adapter au changement, mais il ne pourra pas l’empêcher et ce n’est pas en maintenant le statu quo sur la fameuse «protection de l’offre» qu’il va leur éviter le tsunami qui s’abat sur eux comme sur les journaux, le commerce de détail, l’hôtellerie et toute une foule de secteurs d’activité.

Nos gouvernements ont bien des pouvoirs, mais ils ne peuvent pas tout contrôler. Ce sont des pays totalitaires qui le font, avec les conséquences que l’on sait.