Quand la télé nous rappelle l’emprise de l’Église

POINT DE VUE / En regardant le super téléroman «Les pays d’en haut» lundi soir, qui nous recule en 1891 et nous montre comment la religion était très puissante, j’ai eu une petite pensée pour ma grand-mère Rose-Anne.

Quand j’étais enfant, elle nous racontait comment ça se passait dans son temps. Ce que je trouvais incroyable dans ses récits, c’était quand le curé passait chez elle et lui disait : «Vous n’êtes pas enceinte cette année, Mme Tremblay?» «J’ai eu une chirurgie cette année, j’ai déjà dix enfants, je suis fatiguée.» «Ce n’est pas une excuse, madame.»

Malheureusement, à cette époque les journalistes de J.E., qui ont fait le reportage sur les usines à chiots, n’étaient pas de ce monde. Si on y pense comme il faut, ces femmes de l’époque étaient des usines à bébé. Et que dire des agressions sexuelles?

Dans une émission Enquête il y a quelques années, un adulte, d’une réserve autochtone de la Côte-Nord racontait qu’il avait dit à ses parents quand il était enfant : le curé m’a fait des attouchements sexuels. Croyez-le ou non, il a été disputé et a été obligé d’aller se confesser... et oui, à son agresseur.

Nous trouvons difficile de voir de superbes églises passer sous le pic des démolisseurs, mais en fait c’est tout simplement le retour du balancier, le prix à payer pour tout ce que nos grands-parents et parents ont dû subir. Dire que dans certains pays en 2020, la religion a encore cette même emprise sur ses fidèles.