Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones

Protection de la jeunesse chez les Atikamekws : la réconciliation en marche

Il existe, certes, plus d’une réalité autochtone au Québec. Plusieurs communautés sont rayonnantes et prospères, mais nous entendons trop rarement parler de ces histoires de succès. Les problèmes sociaux auxquels sont confrontées certaines communautés retiennent davantage l’attention. Et, bien sûr, le thème de la réconciliation avec les peuples autochtones est de plus en plus présent dans l’actualité.

Cette réconciliation est bien en marche — plusieurs avancées en témoignent —, mais nous sommes encore loin de la ligne d’arrivée. Elle s’effectue par de petites avancées, mais qui peuvent avoir de grandes retombées positives.

Lundi dernier, un autre pas a été franchi, avec la signature d’une entente historique en matière de protection de la jeunesse, entre le Gouvernement du Québec et le Conseil de la Nation Atikamekw. Pour la première fois, les services de protection de la jeunesse, habituellement sous la responsabilité du Directeur de la protection de la jeunesse, seront assumés, de façon autonome et indépendante, par un organisme créé par et pour les Autochtones, le Système d’intervention d’autorité atikamekw.

Dans le préambule de cette entente, on mentionne qu’il incombe à la nation atikamekw de protéger ses enfants et ses jeunes et de veiller à leur mieux-être dans ses institutions et ses instances. L’essentiel est ici résumé: plus d’autonomie à la nation atikamekw, toujours en maintenant l’intérêt de l’enfant comme premier critère.

L’ampleur de cette annonce historique a été reconnue par le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, M. Constant Awashish, qui a fièrement déclaré: «La nation atikamekw trace la voie pour les autres nations. Quand on regarde notre histoire, c’est incroyable qu’on soit rendus là! On connaît tout ce qui se passe dans nos communautés. Ce n’est pas toujours facile. Aujourd’hui, c’est une grosse lumière au bout du tunnel. C’est un pas vers l’autonomie de la nation atikamekw.»

Rappelons que ce n’est pas notre premier geste en ce sens. Les modifications au Code civil du Québec (projet de loi no 113) ainsi qu’à la Loi sur la protection de la jeunesse (projet de loi no 99) ont notamment permis de reconnaître l’adoption coutumière et de privilégier le recours à des familles d’accueil au sein de la communauté même des enfants autochtones. Voilà seulement quelques exemples récents de changements visant à faire respecter davantage l’autonomie des communautés autochtones et à favoriser la préservation de la langue et de l’identité culturelle des enfants.

Évidemment, et je le répète constamment, nous devons faire plus et nous devons faire mieux. Bien sûr, nous devons poursuivre le travail sur la question cruciale du partage des ressources et nous devrons aussi avoir une discussion franche sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Mais la réconciliation est bien en marche — l’entente avec les Atikamekws en est une manifestation concrète —, et notre gouvernement est déterminé à poursuivre dans cette voie.

Geoffrey Kelley
Ministre responsable des Affaires autochtones