«À l’heure où l’État québécois éprouve des difficultés d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, se priver de professionnels compétents issus de l’immigration serait une grave erreur», écrit la présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec.

Professionnels issus de l’immigration: une grande richesse

POINT DE VUE / Monsieur le premier ministre François Legault, c’est avec étonnement que j’ai pris connaissance de vos propos laissant entendre que l’immigration avait un effet à la baisse sur les salaires et que cela justifierait de resserrer les conditions d’entrée des immigrants. Avec 140 000 postes à pourvoir dans la province, dont plusieurs au sein même de l’État québécois, votre prise de position semble sortie tout droit d’une autre époque.

Plusieurs de nos 20 000 membres de la fonction publique sont issus de l’immigration. Ils ont été embauchés en raison de leurs compétences et de leur professionnalisme. Grâce à leur expertise, ces professionnels veillent, entre autres, à ce que les Québécois puissent profiter de manière sécuritaire de l’air, du sol, de l’eau, de l’environnement, des aliments, des infrastructures (physiques et numériques), etc. Ils contribuent également à la réussite des élèves dans les cégeps et à faire rayonner les artistes dans différentes institutions culturelles. Ce ne sont que quelques exemples du travail qu’ils accomplissent afin de faciliter la vie de millions de Québécois.

Grâce à leur talent et à leur savoir-faire, ces professionnels contribuent activement au mieux-être de l’ensemble de notre société. Souvent invisibles, peu reconnus et rarement spectaculaires, les gestes qu’ils posent au quotidien assurent pourtant la stabilité, le bon fonctionnement, la planification, le rayonnement et la santé des institutions québécoises.

Ces professionnels issus de l’immigration gagnent de bons salaires. Ils contribuent à l’économie de la province par leurs taxes et leurs impôts. Ils enrichissent également notre société par leur culture, leur engagement dans leurs communautés, etc.

À l’heure où l’État québécois éprouve des difficultés d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, se priver de professionnels compétents issus de l’immigration serait une grave erreur. Nous avons besoin de tous les talents disponibles pour permettre au gouvernement de remplir sa mission.