Le pont de l'île d'Orléans

Procès d’intention à l’île d’Orléans

En réaction au Point de vue «La fin des villages à l’île: une vision inquiétante», paru le 29 octobre

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L’ex-maire de la municipalité de Sainte-Pétronille, M. Bernard Dagenais, a démontré qu’il était le champion des procès d’intention dans le dossier du projet de fusion à l’île d’Orléans. Selon lui, quiconque souhaite que la MRC de l’île d’Orléans demande au ministère des Affaires municipales d’effectuer, aux frais du gouvernement du Québec, une étude sur les avantages et inconvénients d’une fusion des six municipalités de l’île est un ou une fusionniste.

Il est pourtant nécessaire dans cette affaire d’être un peu plus nuancé et de faire les distinctions qui s’imposent. C’est d’ailleurs dans cet esprit que la candidate à la mairie de Sainte-Pétronille, Mme Esther Charron, souhaite que les Affaires municipales fassent une telle étude. En outre, pour rassurer les esprits inquiets tels que M. Dagenais, elle s’engage à consulter la population de Sainte-Pétronille au moyen d’un référendum si cette étude devait conclure que la fusion serait avantageuse pour ses concitoyens et concitoyennes. Il appartiendrait donc, le cas échéant ,à toute la population, et non pas à un seul individu, de juger si une fusion entraînerait la fin de notre village et la disparition de son identité, comme le prétend le maire sortant de Sainte-Pétronille. Cela étant dit, cette intervention de Bernard Dagenais en pleine campagne électorale est d’autant plus regrettable qu’elle pourrait contribuer à la réélection du maire actuel dont le système de valeurs est aux antipodes du sien. Un peu de cohérence dans sa démarche aurait été apprécié.

Par ailleurs, M. Dagenais se complaît tout autant dans son monde des procès d’intention lorsqu’il établit, sans aucune preuve à l’appui, un lien entre fusion et développement à tout prix. Pour illustrer son propos, il pousse le ridicule jusqu’à prétendre que les changements à la numérotation des maisons de l’île sont le résultat d’un complot orchestré par notre Chambre de commerce. Pourtant, il tombe sous le sens de toute personne raisonnable qu’il fallait mettre fin au fouillis que représentait le système de numérotation propre à chaque municipalité, ne serait-ce que pour faciliter la tâche des services d’urgence (pompiers, ambulances, etc.).

Le point de vue défendu par M. Dagenais me déçoit d’autant plus que j’ai presque toujours été en symbiose avec sa vision des choses concernant le développement à tout prix à l’époque où il était notre maire. Cependant, cette fois-ci, je dois à regret afficher publiquement mon désaccord.

Louis Duclos, Sainte-Pétronille