Notre lecteur voit de nombreux avantages à la construction d’un métro dans la ville de Québec au lieu du tramway.

Pourquoi un tramway à Québec et un métro à Montréal?

Comment peut-on faire preuve d’autant de laxisme et de rêveries dans la préparation et le choix d’un projet aussi important?

Ce n’est certainement pas parce que le climat de Québec est rude et désagréable, limitant davantage le déplacement de nos aînés et des personnes à mobilité réduite qui se trouveront dans le rayon de 800 mètres desservi par le tramway. Ni pour sa capacité, contrairement à la versatilité d’un métro, de bien desservir les principaux centres d’activités de notre ville puisqu’il doit emprunter nos principales voies de circulation suffisamment larges pour en permettre l’installation, mais qu’il faut refaire.

Ni pour la garantie d’un service rapide et efficace en circulant à 70 km/h le long du boulevard Pie-XII et à 50 km/h sur une plateforme surélevée d’environ six pouces dans le reste de la ville, accessible à tous, sur laquelle on nous a informés que tous les véhicules d’urgence pourront circuler prioritairement. Ces objectifs sont d’autant plus irréalistes qu’il y a 60 passages à niveau non protégés, munis de feux de circulation sur le parcours choisi et que 5000 passagers devront traverser, aller-retour, les voies de circulation automobiles très achalandées la bordant, à chacune des heures de pointe. Un sérieux problème de sécurité publique s’annonce.

Ni pour plaire aux milliers de citoyens riverains, qui souffriront de la pollution sonore produite par le tramway ou de la perte d’une partie de leur cour arrière comme ceux qui résident sur le boulevard Pie-XII, et des quartiers limitrophes dont les rues résidentielles seront envahies par les véhicules qui chercheront à éviter la congestion routière et les virages à gauche rares et hasardeux qu’il engendrera. Sans oublier les impacts majeurs sur les gens d’affaires qui perdront les stationnements (1130) sur rues, un peu partout le long de son parcours, face à leurs commerces, et dont ils ont besoin pour en assurer la rentabilité ou qui seront tout simplement expropriés.

Contrairement à la mise en place d’un métro financé entièrement par les gouvernements supérieurs, la Ville de Québec prévoit être obligée de dépenser 300 millions $ pour les aménagements extérieurs et les multiples expropriations prévues pour passer le tramway. Ce montant représente environ 22 % de son budget annuel. À titre d’exemple pour un payeur de taxes : sur un compte de taxes de 5000$, 1100$ seront consacrés à des coûts reliés au tramway. Le fait d’étaler ce montant sur plusieurs années n’y change rien. Les propriétaires immobiliers transmettront évidemment ce fardeau supplémentaire à leurs locataires.

Un métro permettrait en outre de conserver les emplois pour la construction de ses rames chez nous. L’appel d’offres pourrait spécifier toutes les caractéristiques des rames Azur du métro de Mont­réal, présentement construites à La Pocatière par Bombardier, ce qui en réduirait le coût, éliminant en pratique la concurrence étrangère, ce qu’on ne pourra pas faire pour l’achat des rames de tramway.

Deux raisons ont été données pour le choix du tramway. La première a trait à la vue extérieure pour les passagers du tramway. Quant à moi, je préfère un métro éclairé à l’intérieur, roulant sur pneumatique, dans lequel je pourrai me rendre à destination en douceur en moins de 15 minutes, à un tramway roulant fer sur fer, beaucoup plus lent, en grelottant chaque fois que les portes s’ouvriront l’hiver tout en voyant le panorama à travers des fenêtres recouvertes de gadoue.

La deuxième est liée aux coûts. Aucune étude sérieuse n’a été faite à ce sujet par la Ville. Son porte-parole a dit lors de la première consultation publique tenue à Sainte-Foy qu’un tramway souterrain (métro) coûtait 150 millions $ du kilomètre à construire, alors que la Ville avançait une estimation de 200 millions $ sur son site Internet.

Jean Guilbault, ex-conseiller municipal, district Laurentien