La passerelle, inspirée d’une infrastructure danoise, sera érigée en 2019 pour permettre aux cyclistes de circuler sur le terrain du Port de Québec.

Pour un meilleur accès aux quais de la Pointe-à-Carcy

En réaction à la chronique «Une passerelle à contresens» du journaliste François Bourque parue le 5 juin

J’aimerais abonder du côté du «contresens» que déplore le journaliste du Soleil François Bourque dans sa chronique du 5 juin 2018. Cette idée d’une passerelle pour vélo aux abords des quais du secteur de la Pointe-à-Carcy est non seulement ridicule, mais également une manière détournée pour ne pas vouloir regarder la réalité en face. Et cette réalité, c’est d’abord le fait d’une très mauvaise gestion de l’occupation des quais aux abords de la nouvelle et très réussie Place des Canotiers.

Le problème du partage de la voie entre cyclistes et piétons est un faux problème dans la mesure où l’on s’obstine à réduire l’espace entre les navires de croisière et les diverses infrastructures bordant les quais. Le vrai problème c’est qu’on a créé un goulot d’étranglement là où on a érigé une imposante et démesurée structure métallique qui parfois se transforme en passerelle pour le débarquement des passagers. C’est en grande partie cette structure qui vient rétrécir indûment la circulation et c’est sans aucun doute là qu’il faudrait vraiment intervenir pour améliorer la fluidité de la circulation et du partage des voies, comme d’ailleurs cela se faisait avant qu’on ne décide d’ajouter des entraves aux cyclistes sur la Pointe-à-Carcy.

Mais au-delà de la question du goulot d’étranglement, il y a cette situation qui perdure et qui depuis des années fait en sorte que les résidents de la ville de Québec voient leur accès au fleuve entre la Pointe-à-Carcy et la Gare fluviale se rétrécir. Même en hiver, où sauf erreur les paquebots boudent fort heureusement Québec, il y a ces interminables barrières de métal pour restreindre l’accès à ce magnifique site où les points de vue sur le fleuve, la ville de Lévis et l’Île d’Orléans sont à couper le souffle.

Il y a vraiment quelque chose qui me dépasse dans cette obstination à ne voir dans ce site qu’une bête série de quais aménagés principalement pour accueillir la soi-disant manne économique que représente les croisiéristes venus pour quelques heures seulement mettre les pieds à Québec afin d’y acheter quelques colifichets et y manger quelques croissants. Je ne comprends pas que pour ces seuls croisiéristes, on a choisi de sacrifier l’un des sites les plus emblématiques de la ville de Québec en raison de sa contiguïté avec le fleuve St-Laurent.

C’est franchement désolant de voir à quel point le Port de Québec s’érige en maître absolu des espaces bordant le fleuve et c’est encore plus désolant de constater à quel point l’administration municipale souscrit d’emblée à cet état de fait en proposant d’ériger une absurde passerelle à vélo où, comme le soulignait François Bourque, on semble vouloir également faire de la place pour les piétons (cherchez l’erreur!).

S’il vous plaît et au nom de la raison, qu’on étudie mieux la situation et que l’on trouve une solution plus viable et nettement plus respectueuse du droit et de la volonté des citoyens et citoyennes de Québec à un accès plus satisfaisant au fleuve sur les quais de la Pointe-à-Carcy.

Richard Baillargeon
Québec