Pour un dépistage vraiment efficace

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
31 août, jour de rentrée. Mes garçons de six et neuf ans sont heureux de retourner sur les bancs d’école et de retrouver leurs amis, comme plusieurs élèves québécois. Autour de moi, les parents sont un peu tendus, sans plus. Quelques jours après la rentrée, on annonce des cas de COVID dans les écoles. Déjà.

3 septembre, mon garçon se lève avec des douleurs musculaires (peut-être liées à l’effort, difficile à dire!), des nausées et le nez qui coule. La tension augmente d’un cran dans la maison. Le lendemain, donc le 4 septembre, après 24 heures de symptômes et une fièvre en plus, on se rend lui et moi passer un test de dépistage, selon les recommandations. J’ai des symptômes également.

Dans les jours qui suivent, on prend les mesures qu’il faut afin de limiter les risques de transmission à mon conjoint et à mon plus jeune : distanciation, lavage des surfaces, etc. Mon aîné, qui n’a jamais craint la COVID, démontre des signes d’anxiété importante. Il craint de l’avoir et, surtout, de me l’avoir transmise.

8 septembre, mon aîné et moi n’avons plus que le nez qui coule. On attend toujours les résultats de tests, il ne peut donc pas aller à l’école, où il y a par ailleurs deux cas de COVID… qui remontent sûrement au 2 septembre. Depuis le 4 septembre, la famille a vécu toutes sortes de tensions. On nous informe à Info-Social que les résultats ne pourraient venir que sept jours après le test. On reste encore à la maison, en osant questionner l’organisation du système.

Qu’on me comprenne bien : je fais partie des gens qui reconnaissent l’expertise de la Santé publique. De ceux qui ont confiance en leur jugement. Et qu’est-ce que cette mauvaise semaine dans ma vie familiale au regard de tous les malheurs causés par la pandémie? Rien du tout.

Toutefois, le gros bon sens me dit que si le dépistage est une arme efficace pour limiter la propagation du virus, il faut non seulement avoir une bonne capacité de tests, mais aussi avoir les moyens d’y donner suite dans des délais raisonnables (on sait qu’en période de faible achalandage, les résultats peuvent être obtenus en moins de 24 heures). Sinon, ce n’est pas seulement la santé physique qu’on mettra en danger en perdant l’adhésion de la population, mais aussi la santé mentale, notamment celle des familles d’enfants qui sont normalement aux prises avec des rhumes et des gastroentérites toute l’année scolaire.

Marie-Ève Bergeron-Gaudin, Québec