Pour combler le manque d’entretien du réseau routier

C’est sans grande stupéfaction que l’industrie de l’entretien des routes représentée par Bitume Québec a pris connaissance ces jours derniers du désolant portrait de l’état du réseau routier québécois capté par un intervenant neutre, Statistique Canada, dont le dernier recensement démontre que 35,6 % des autoroutes et 43,6 % des artères (les grandes rues des villes) du Québec sont considérés comme étant en «mauvais» ou encore, en «très mauvais» état, et ce, à la grandeur de la province.

Mince consolation, cela va dans le sens de ce que nous avons diagnostiqué au fil des dernières années, soit que son état ne satisfait pas aux normes ; une grande portion du système présentant des signes importants de détérioration imputable, de toute évidence au déficit d’entretien enregistré au fil des ans, malgré la présence d’un parc automobile de plus de 6,4 millions de véhicules, incluant près de 140 000 véhicules lourds.

En 2018, ce déficit d’entretien des routes du MTQ atteindra vraisemblablement un point culminant à 6,3 milliards $. La conjoncture actuelle ne tolère plus le jeu des comparaisons qui alimente continuellement l’opinion populaire. Assorti au déficit d’entretien, d’autres facteurs contribuent à ruiner nos routes : bien sûr le climat sous notre latitude, des couches granulaires sous-dimensionnées, un trafic plus intense que celui pour lequel une route a été conçue, un sous-sol argileux qui se gonfle sous l’effet du gel, des conditions météo défavorables lors de l’asphaltage, etc.

Prétendre que, comme le veut souvent la légende, des cas de malfaçon en sont la cause serait nier les évidences et travestir la réalité qui est, essentiellement, de nature politique, technologique et scientifique, au demeurant. Espérons que des actions énergiques seront prises par les autorités gouvernementales avant que la situation n’atteigne un point de non-retour! Le rapiéçage est bien loin d’être suffisant! Le Québec a besoin d’une stratégie et de tactiques bien définies pour faire face à cet enjeu majeur de société qui engendre des impacts nocifs et multiples non seulement chez les usagers, mais sur l’ensemble de l’économie du Québec qui devrait pourtant reposer sur la mise à contribution d’un réseau routier optimal. C’est d’une incontestable évidence!

Un coup de barre s’impose : rien de moins! Et nous sommes prêts à mettre l’épaule à la roue en termes de recherche de solutions innovatrices. Bitume Québec et ses membres disposent de toutes les technologies utiles et d’avant-garde qui pourraient constituer un levier performant et une incontestable valeur ajoutée : mais, encore faut-il envisager la définition des solutions autrement que sous le seul aspect des économies budgétaires. Voilà le vrai défi!

Avant toute chose, le Québec doit se doter, urgemment, d’un programme d’entretien préventif continu : cela est la clé! Il en va non seulement de la santé du réseau routier québécois, mais aussi de la santé économique des régions et de l’ensemble du territoire.

Martin Pelletier, président
Bitume Québec