Pot légal: ça sent le profit à plein nez!

En lien avec l’éditorial «Conseiller en pot à 14 $ l’heure» de la journaliste Brigitte Breton, paru le 4 juillet 2018

Les conseillers en cannabis engagés par la SQDC (filiale de la SAQ) recevront 14 $ de l’heure. Ce n’est pas loin du salaire minimum fixé à 12 $ et c’est tout de même assez loin du 19,58 $ que gagne présentement un conseiller en vin de la SAQ.

Qui plus est, on exigera de la part des futurs conseillers qu’ils aient un intérêt professionnel et une compréhension liée à la commercialisation du cannabis. Ils et elles devront aussi faire preuve d’aisance avec les outils technologiques et informatiques. Tout ça pour un salaire dérisoire, du moins si on le compare justement avec celui des conseillers en vin de la SAQ qui font sensiblement le même emploi.

Des affaires en or

Avec le faible taux de chômage enregistré au Québec, qui remplira ces conditions ou qui voudra changer d’emploi pour gagner 14 $ l’heure? Voilà la question qu’a soulevée judicieusement l’éditorialiste du Soleil de Québec, Brigitte Breton, dans un texte paru dans l’édition de mercredi du journal.

Il semble bien que la vente légale du cannabis générera de bons profits au Québec. Mais rien en comparaison avec les six producteurs de cannabis (dont trois de l’Ontario) qui fourniront la SAQ et qui salivent déjà à l’avance devant les profits faramineux qu’ils feront. Ces nouveaux magnats du cannabis feront des affaires en or et n’auront que de bonnes pensées pour le père du pot libre au Canada, Justin Trudeau.

En espérant qu’ils auront aussi une bonne pensée pour nos conseillers en cannabis du Québec, payés 14 $ de l’heure. Il y a là matière à vouloir en fumer du bon.

Yvan Giguère, Saguenay