Une affiche du syndicat des ambulanciers.

Zone à risque des affiches du syndicat des ambulanciers

En revoyant dans l’édition du Soleil de mercredi une photo de l’affiche syndicale des ambulanciers disant qu’on entre dans une zone à risque, ladite affiche se garde bien de décrire tous les risques.

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En octobre 2016, une patiente est à la cafétéria de notre hôpital à prendre le déjeuner en attendant l’heure du rendez-vous avec moi. Elle paralyse soudainement, victime d’une embolie cérébrale. Le diagnostic est fait dans la minute même et elle est descendue de toute vitesse à notre urgence. Difficile de faire mieux comme délai! Un scanneur de la tête est aussi très rapidement réalisé et un appel au neurochirurgien vasculaire de garde de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus accepte le transfert pour une intervention endovasculaire, qui peut non seulement lui sauver la vie, mais lui redonner toute sa qualité de vie. Chaque minute de délai compte, car le cerveau récupère d’autant mieux qu’il n’est moins privé d’irrigation sanguine et d’oxygène.

Coup de chance: deux ambulanciers sont à notre urgence, car ils viennent tout juste d’y amener un patient. Ma consoeur urgentologue leur explique la situation et leur demande d’amener de toute urgence la patiente à l’Enfant-Jésus. Elle se fait répondre que ce «call» n’est pas le leur et qu’elle doit demander une autre ambulance. Et ils quittent. Cela a ajouté environ une demi-heure de délai. Ma patiente est morte. Ceci dit, dans son cas spécifique, d’autres facteurs ont aussi contribué à son décès. Mais quand même…

Était-ce un mot d’ordre syndical de ne pas se fatiguer dans le zèle en période de négociation? Ou sommes-nous tombés bêtement sur deux individus sans conscience professionnelle, sans jugement et compassion? Bref, des «pogos congelés» pour paraphraser une expression très parlante de Madame Massé! À moins que le service d’ambulance soit aussi sous le joug du Politburo de la santé sous la bonne gouverne de notre Camarade ministre? Les statistiques avant tout! Octobre arrive si vite… Et ma consoeur urgentologue de me dire que de tels faits déplorables arrivent de temps à autre. Dommage que pour de tels «incidents», on n’ait pas de statistiques. Je lance un appel à tous mes collègues urgentologues, omnipraticiens et spécialistes pour nous en fournir.

Rosaire Vaillancourt, md, frcsc, chirurgien thoracique, IUCPQ, Québec