YQB demeure un aéroport perdu au milieu de nulle part pour qui n’a pas une voiture : aucun transport en commun ne le dessert et le projet structurant l’ignore complètement.

YQB aéroport international? Vraiment!

POINT DE VUE / L’aéroport international de Québec (YQB) n’a d’international que le nom. Et avec la fusion probable d’Air Transat à Air Canada, il y a fort à parier que YQB ne devienne qu’une desserte de l’aéroport international Montréal-Trudeau (YUL).

Déjà, obtenir un vol direct vers une destination européenne tient du miracle. Dans la plupart des cas, le voyageur devra passer par Montréal ou, pire, par Toronto. Pourtant, il est indéniable que les terminaux se sont améliorés d’une façon remarquable. Malgré cela, YQB demeure un aéroport perdu au milieu de nulle part pour qui n’a pas une voiture : aucun transport en commun ne le dessert et le projet structurant l’ignore complètement.

YQB n’est pas sans avantages pour les transporteurs, notamment pour les transporteurs à rabais tels que Air Norwegian, Easyjet, Ryan Air et autres, où l’économie de 500 km pour un vol aller-retour pourrait être intéressant. D’autant que la ville de Québec a des attraits indéniables et qu’elle compte un bassin de population immédiate de près de 800 000 habitants et de 1,5 millions si on ajoute les villes de Saguenay, Trois-Rivières, Rimouski. Alors pourquoi YQB ne réussit pas là ou d’autres aéroports réussissent? Pensons notamment à Halifax ou Ottawa.

Il semble que l’un des principaux obstacles est constitué par les coûts élevés que doivent supporter les compagnies aériennes pour atterrir et décoller de YQB. À cela s’ajoute une vision qui s’apparente à la fable de la grenouille et du bœuf : YQB se perçoit comme étant plus que ce qu’elle est, c’est-à-dire un aéroport régional ayant une capacité internationale. 

Cette capacité internationale n’est vraie que dans la mesure où l’administration aéroportuaire de Québec offre des prix compétitifs aux compagnies aériennes et qu’il y ait un démarchage actif pour les attirer. Autrement, ce sera l’aéroport de St-Bruno qui attirera les compagnies à rabais, damant le pion à Québec. Il ne restera plus alors qu’à changer le nom de l’aéroport que Québec pour qu’il représente ce qu’il est : l’aéroport régional de Québec.