Y'a de l’espoir… suite

Suite logique à l’article de Mylène Moisan paru dans Le Soleil du 10 décembre.

Le point tournant de mon intervention concerne l’impact de l’attachement sécure auprès des enfants et particulièrement sur leur succès de vie.

L’attachement sécure se traduit par une présence significative d’un adulte de confiance auprès d’un enfant avec constance, respect et encouragement régulier en tout lieu et en toute circonstance. C’est ce dont les enfants les plus vulnérables ont le plus besoin pour contrer les toxines de leurs milieux de vie et les nombreux traumatismes qui les atteignent de plein fouet.

L’adulte de confiance, c’est vous et moi, les parents bien sûr en priorité mais aussi toute personne qui croise la trajectoire d’un enfant, la famille élargie, les accompagnants bénévoles ou institutionnels (les gens de la DPJ qui y consentent, les enseignantes dévouées, les mentors, les grands amis et plusieurs autres).

L’approche de la pédiatrie sociale en communauté en fait sa priorité en faisant de l’accompagnement/attachement des enfants et des familles un moyen privilégié pour atteindre les cibles de santé et de développement optimal. Nos partenaires y participent grandement, que ce soit les institutions ou le milieu communautaire. J’ai souvent en clinique des éducateurs des Centres jeunesse ou des travailleurs sociaux de CLSC ou des éducatrices en garderie qui y collaborent grandement à titre d’exemple (non exhaustif).

L’évidence et la pertinence de cette approche trouvent leurs racines dans l’intuition bien sûr mais aussi dans la science. La théorie de l’attachement comme base sécure date de plusieurs années à la suite des écrits de John Bolwby et les recherches continuent de proclamer son importance comme outil puissant de développement. Elle s’applique à tout âge pour les tout-petits jusqu’aux adolescents et je dirais même aux adultes puisque ceux-ci continuent également de s’appuyer sur leur base sécure pour réussir leur vie et de la rechercher avidement s’ils n’y ont pas eu accès.

Plus la somme des stress toxiques et des traumatismes est grande chez les enfants, même en période de grossesse, plus l’impact négatif sur leur cerveau est grand. L’attachement sécure et la stimulation précoce créent la résistance et la résilience nécessaires pour prévenir et pour réparer les dommages. Les atteintes au cerveau sont réversibles, d’où l’importance d’une aide précoce de cette nature auprès de ces enfants en mobilisant la famille et le milieu.

L’impact de cette façon de faire est énorme. Si on choisissait l’attachement sécure comme outil privilégié pour aider les enfants en difficulté, l’impact positif se ferait sentir sur leur développement global, leur entrée à l’école réussie, leur capacité d’apprentissage, leurs espoirs de vie autant que sur leur motivation, leur résistance au stress et leurs habitudes de vie. L’impact à plus long terme permettrait une nette diminution de problèmes de santé mentale (anxiété, dépression, suicide…) et de santé physique (hypertension, diabète, maladie cardiovasculaire…).

La qualité de vie pour tous en serait grandement améliorée. En ce temps des Fêtes, laissons donc la magie s’installer!

Gilles Julien
Pédiatre social