Le ministère de l'Environnement du Québec était insatisfait du «plan de consultation» élaboré par l'Agence canadienne d'évaluation environnementale à propos du projet d'agrandissement du port.

Vox populi, vox dei

Mardi le 17 novembre. Dans le cadre d'un comité plénier tenu à l'hôtel de ville, le maire Régis Labeaume reprend à son compte les résultats d'un sondage CROP de l'Administration portuaire de Québec (APQ) selon lequel trois répondants sur quatre sont en faveur de la création de nouveaux espaces portuaires. M. Labeaume en conclut que «les gens de Québec supportent massivement l'agrandissement» et que la contestation vient de «gens qui parlent fort, qui sont de beaux parleurs».
Selon le maire, le peuple a parlé.
Jeudi le 19 novembre. Le Soleil obtient de l'APQ les résultats complets du sondage CROP évoqué plus haut. On y apprend qu'en ce qui concerne un éventuel futur développement au bassin Louise, les mêmes sondés ont exprimé leur préférence pour les projets de parc récréatif (62 %) et de plage pour la baignade (51 %), ne démontrant qu'un intérêt mitigé pour l'ajout d'espaces commerciaux (29 %), d'un hôtel (20 %) ou d'un complexe résidentiel (17 %).
Si les résultats du sondage permettent au maire de conclure que la population souhaite ardemment l'extension portuaire, il lui faut également conclure que cette même population rejette massivement l'idée d'un développement immobilier au bassin Louise et souhaite plutôt qu'il soit transformé en parc récréatif et en plage pour la baignade. Pour reprendre l'argumentaire du maire, ces projets immobiliers ne représentent de toute évidence pas la volonté populaire et ne viennent que de «gens qui parlent fort, qui sont de beaux parleurs».
Je m'attends donc en toute logique à ce que le maire mette dorénavant le même enthousiasme, la même énergie, le même acharnement à défendre le projet de parc récréatif et de plage au bassin Louise qu'il en met à prôner l'agrandissement portuaire. Vox populi vox dei.
Michel Beaulieu
Québec