Votre choix est une obligation de détruire une identité

Des étudiants de cinquième secondaire de la Polyvalente de l’Ancienne-Lorette nous ont offert leurs réflexions sur le dossier de la laïcité de l’État et le port des signes religieux. Nous avons choisi deux de leurs textes que voici pour l’édition papier, et vous retrouverez deux autres contributions dans notre application et dans le site web.

Une religion c’est un ensemble de pratiques et de croyances. Pour certains, c’est ce par quoi ils se définissent. Ils se sentent parfois valorisés, appréciés et ils se voient en tant que personnes importantes dans cette croyance. Voulez-vous vraiment enlever ces bons sentiments aux gens qui croient en leur religion? Selon moi, ces Québécois, peu importe la religion à laquelle ils s’identifient, qui travaillent pour l’État et qui sont en situation d’autorité, devraient avoir la possibilité de porter des signes religieux visibles. De plus, je crois qu’une société devrait être capable d’accepter les différences. 

J’ai 17 ans, je suis homosexuel et j’ai fait mon coming-out il y a maintenant quatre ans déjà. Vous devez vous demander pourquoi je parle ici de mon homosexualité, puisque le sujet de ce texte est la laïcité chez les employés d’État qui sont en situation d’autorité. M. Legault, vous dites vouloir empêcher ces employés de montrer leurs signes religieux, mais j’ai un message pour vous. C’est ici que je fais le lien entre ma situation et la leur : une religion définit la personne qui la pratique, et moi c’est mon homosexualité qui me définit. 

Si vous empêchez les gens de montrer ce qu’ils sont lorsqu’ils vont au travail, dois-je cacher mon homosexualité lorsque je vais à l’école?  La relation entre l’identité et la religion est aussi importante que celle entre mon homosexualité et mon identité. Lorsque vous interdisez ceux-ci, vous enlevez peut-être un petit quelque chose (ou un grand quelque chose) qui fait du bien à cette personne. Vous lui enlevez peut-être ses valeurs ou même son authenticité et sa foi en son créateur. Et ce pour quelle raison? Au nom de la laïcité? Le bien-être et le bonheur d’une personne devrait passer avant ce principe. 

La population est peut-être derrière vous et votre décision, M. Legault (selon le fameux sondage fait par CROP), mais je ne le suis pas. Les religions étaient là avant vous et elles le seront encore après. Pourquoi enlever quelque chose simplement parce qu’elle ne fait pas l’unanimité? Il faut accepter les différences peu importe la forme qu’elles prennent. Elles ne doivent pas être cachées pour faire plaisir à ceux qui ne les comprennent pas ou qui en ont peur. 

Monsieur Legault, faites-en ce que vous en voulez, mais je ne suis pas de votre côté. 

Nick Bouffard 

5e secondaire, Polyvalente de L’Ancienne-Lorette