«Est-il question du bien commun quand des élus entendent accorder des permis en zone inondable?» se demande l'auteure de cette lettre d'opinion.

Vers une politique-cadre de développement des municipalités?

POINT DE VUE / Les municipalités sont financées d’abord par des taxes foncières que paient les citoyens et on évoque souvent le pourcentage de 70 %.

Ce modèle de financement donne un grand pouvoir aux promoteurs immobiliers qui proposent aux municipalités leurs projets.

Les municipalités semblent à peu près systématiquement tentées d’accepter lesdits projets, les services offerts aux citoyens en dépendent. Quand des citoyens, soucieux de la qualité de vie dans leurs milieux, expriment des réserves, voire une opposition à un projet immobilier, ceux-ci se voient accuser du syndrome «pas dans ma cour», du fait que les municipalités sont obligées de privilégier la densification dans la perspective de lutte aux gaz à effet de serre, etc.

Les citoyens demandent, de façon générale, plus de démocratie et de transparence des élus municipaux. Ce qui suppose également de l’écoute active de leurs points de vue ainsi que des explications qui font qu’ils n’aient pas l’impression d’être mis devant un fait accompli. Les citoyens s’attendent également à ce que les élus municipaux manifestent un sens des responsabilités tel qu’ils n’aient pas de doute que les choix se font en fonction du bien commun.

Toutefois, est-il question du bien commun quand des élus entendent accorder des permis en zone inondable? La question paraît d’autant plus pertinente que les inondations se multiplient, s’aggrave depuis quelques années. On a même vu que certaines municipalités étaient confrontées à d’importantes difficultés à soutenir leurs citoyens qui avaient dû être évacués de leurs maisons.

N’est-ce pas un indice que les municipalités éprouvent d’importantes difficultés à se comporter comme de réels gouvernements de proximité, ce qu’une loi adoptée sous le dernier gouvernement libéral leur avait accordé? Des municipalités qui accordent des permis de construction en zone inondable me semblent voir leurs intérêts à court terme seulement.

Est-ce qu’il n’y aurait pas lieu d’entreprendre un chantier sur la réforme des modes de financement des municipalités couplé avec des travaux sur l’aménagement du territoire?

Moi qui suis une citoyenne ordinaire, il me paraît important d’apporter à des concitoyens frappés par une catastrophe naturelle de la solidarité. 

Toutefois, je crois essentiel que nous œuvrions tous pour que de telles situations comme celles vécues au Québec au printemps 2019 ne se reproduisent pas. La capacité de soutien des Québécois n’est pas illimitée, les élus des deux ordres de gouvernement devraient mieux en tenir compte.