Le nombre de voitures électriques est en constante augmentation au Québec, mais de nombreux obstacles continuent de freiner leur progression. 

Véhicules électriques: pour des conditions gagnantes

Lettre au chroniqueur du Soleil Gilbert Lavoie
Bonjour M. Lavoie,
Je suis propriétaire d'une voiture électrique et j'aimerais ajouter quelques commentaires à propos de l'électrification des transports. 
La population est motivée d'abord par l'argent. Tant qu'il coûtera moins cher de polluer, nous serons toujours perdant comme société, puisque les acheteurs de véhicules polluants ne paient pas pour les coûts sociaux en problèmes de santé et environnementaux qui découlent de la pollution qu'ils génèrent. 
Les pays qui ont réussi une bonne transition vers les véhicules électriques (VÉ) sont ceux qui ont fait de véritables choix de société avec une vision plus à long terme. Ils ont alors imposé des taxes et/ou des contraintes sur les voitures plus polluantes pour se servir ensuite de ces économies pour subventionner l'achat de voitures électriques ou simplement donner de sérieux avantages aux propriétaires.
L'objectif de 100 000 VÉ avec seulement une borne de recharge rapide par emplacement n'est pas sérieux. Nous sommes seulement 13 000 dans tout le Québec et il m'est arrivé d'attendre deux heures avec trois autres véhicules à une borne parce qu'il y avait une voiture à très grande autonomie qui se rechargeait et aucune autre borne à proximité. 
Qui dit véhicule à plus grande autonomie dit plus grosse batterie, et cela veut dire plus de temps pour recharger. Avec l'arrivée des nouveaux VÉ à 300 km d'autonomie, cela risque de devenir problématique s'il n'y a pas plus de bornes rapides, surtout en hiver où l'autonomie tend à diminuer.
Comment se fait-il que les concessionnaires automobiles qui vendent ces voitures n'offrent pas de bornes payantes à leur emplacement?
Quoi de plus frustrant également que de trouver une voiture à essence dans un stationnement pour une borne de recharge. Les stationnements pour handicapés sont protégés par un règlement mais pas les stationnements pour recharge.
Si le gouvernement est sérieux il devra mettre plus de bornes par emplacement, mettre plus de conditions gagnantes, car les subventions seules ne règlent pas les problèmes, surtout qu'il faut financer ces subventions sans vider les coffres de l'État.
Bref, il y a beaucoup de questions qui devraient être examinées de plus près par nos politiciens s'ils sont sérieux à propos de leurs ambitions. Notre nation dispose de toutes les ressources pour devenir un véritable leader en matière d'électrification.
Malgré ces inconvénients, j'aime beaucoup mieux les voitures électriques maintenant, que je trouve plus agréables à conduire. Je ne veux plus retourner à la voiture à essence. Elle a eu son utilité, mais cela devient une question de survie, si nous voulons laisser un héritage à nos enfants, un environnement sain.
Jean Forget