Andrew Scheer

Utiliser le même scénario de référence

POINT DE VUE / En réaction à la chronique «Plateforme conservatrice: 53 G$ de coupes?» du journaliste Jean-François Cliche parue le 17 octobre.

Comme le démontre votre article, c’est important de bien définir par rapport à quel scénario on mesure l’effet des hausses ou des baisses de dépenses de même que l’effet des hausses ou des baisses de taxes et impôts.

Pour la présente campagne, le scénario de référence optimal est selon moi la projection du DPB dans laquelle il n’y a aucune nouvelle promesse électorale. Les revenus et dépenses du gouvernement sont projetés en l’absence de nouvelles mesures, en tenant compte des règles établies avant le mois de juin 2019 (voir le document du DPB qui présente la solution de référence). Tous les partis politiques ont accepté ce point de départ. Ce qui est très bien et facilite beaucoup la mesure de l’effet marginal de chaque promesse et de l’effet de sous-groupes de promesses.

Selon le DPB, les déficits projetés pour 2023-2024 et pour 2024-2025 sont de 11,2 G$ et 9,0 G$. Si le PCC fait des promesses en réduction de taxes et impôts auxquels s’ajoutent quelques hausses de dépenses qui ont au total pour effet d’accroître le déficit respectivement pour ces deux exercices financiers de 11,7 et 11,5 G$, il devra faire des épargnes additionnelles de 17,8 G$ et de 20,4 G$ pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2024-2025.

La somme des épargnes sur la période de 2020-2021 à 2023-2024 est de 47 G$. Si on ajoute une année à cette période (2024-2025) on obtient une somme de 67 G$.

On peut regrouper différemment quelques promesses, mais cela ne changera pas l’ordre de grandeur des épargnes ou coupes. L’estimation de 50 G$ de coupes a du sens.

Les questions reliées à l’effet d’allonger de trois ans la période où le programme d’investissements de 188 G$ distribue ses fonds sont intéressantes. M. Scheer a comparé des pommes avec des oranges. 

En point de presse, le chef conservateur a nié qu’il sabre dans les investissements en infrastructures. «Il ne s’agit pas de dépenser moins. Le montant total de dépenses demeure le même au total, a-t-il insisté. Nous allons conserver le montant total de dépenses sur une période de temps responsable, afin de cesser d’emprunter des milliards et des milliards aux contribuables.»

Les propos de M. Scheer ne sont corrects que si le gouvernement avait planifié de faire des dépenses nulles en infrastructure dans les années 13, 14 et 15. Supposons que le gouvernement planifiait de dépenser 15,6667 G$ par année pendant douze ans (un total de 188 G$) puis 10 G$ par année durant les trois années suivantes. Pendant quinze ans, le gouvernement planifiait donc de dépenser 218 G$. La proposition de M. Scheer impliquerait alors de dépenser 30 G$ de moins. C’est donc important de comparer les deux flux de dépenses sur un même horizon. Je suis certain que M. Scheer et ses acolytes connaissent cette règle.