Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Utiles, les firmes de relations publiques

Lettre au Dr. Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux
Lettre au Dr. Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux
Monsieur le ministre,
C'est avec surprise que l'Alliance des cabinets de relations publiques du Québec (ACRPQ) a pris connaissance de votre récente décision d'imposer aux établissements de santé de cesser de faire affaire avec des consultants en relations publiques et communication.
Certes, la manchette d'un quotidien, lundi dernier, avait de quoi faire sursauter: un important contrat de consultation semble avoir été accordé sans appel d'offre à un cabinet (non membre de l'ACRPQ). Or, cette manchette associait une somme dans les six chiffres à l'expression «redorer l'image», ce qui a suscité une réaction très rapide de votre part - qui a pris la forme d'une directive que les 14 cabinets membres de l'ACRPQ trouvent nettement exagérée.
Votre décision semble découler d'un seul fait. Selon cette logique, il n'y aurait plus d'autres professionnels embauchés à titre de consultants dans le secteur de la santé. Or, bien qu'il y ait eu des abus largement documentés par la Commission Charbonneau, toutes les professions qui avaient des consultants mandatés dans les institutions du secteur de la santé au Québec y sont encore, à notre connaissance.
L'argument à l'effet qu'il ne faut plus octroyer de contrats à des firmes de relations publiques et de communication parce que les institutions de santé sont pourvues de ressources est discutable, à la fois parce que ce n'est pas le cas partout et que ces ressources ne peuvent pas tout connaître ni tout faire. C'est d'ailleurs la nature même des firmes de consultation - tous secteurs confondus - de venir appuyer des spécialistes au sein des organisations.
Il serait intéressant que votre entourage scrute les mandats octroyés. Ceci vous permettrait de constater que nos cabinets viennent souvent en appui aux institutions du secteur de la santé à des moments particuliers (parfois des périodes de pointe ou pour assumer un intérim), ou encore pour procurer des expertises particulières sur des enjeux précis (au même titre que les médecins spécialistes viennent compléter le travail des omnipraticiens).
Aussi, il serait tout aussi instructif que soit faite une analyse sérieuse des honoraires associés à ces mandats. Vous pourriez constater que les cabinets membres de l'ACRPQ ont tout intérêt - et particulièrement dans une période d'austérité budgétaire au gouvernement du Québec - à fournir le meilleur rapport qualité/prix possible à leurs clients du secteur public. Évidemment, les consultants qui interviennent dans le secteur public arrivent et repartent, sans coûter à l'État les sommes liées à l'embauche et à la permanence d'emploi. Il y a là, depuis toujours, des gains de productivité et d'efficacité appréciables, que vos dirigeants partout à travers votre ministère, et toutes les composantes qui s'y rattachent, ont été et sont en mesure d'apprécier.
Il serait dommage qu'une décision annoncée rapidement ait pour effet de priver toutes les institutions du secteur de la santé de l'expertise et des ressources qui proviennent du domaine de la consultation en relations publiques. C'est pourquoi l'ACRPQ vous demande de reconsidérer votre décision. Mes collègues et moi-même sommes disposés à collaborer avec la direction de votre ministère ou le Secrétariat à la communication gouvernementale afin d'optimiser la contribution des cabinets de relations publiques membres de l'ACRPQ auprès de votre ministère.
Je vous prie d'agréer, monsieur le ministre, l'expression de mon entière considération.
Pierre Gince, ARP, président
Alliance des cabinets de relations publiques du Québec (ACRPQ)
président, DIRECTION Communications stratégiques inc.
Montréal