Le droit des citoyennes et citoyens de lancer des référendums sur les projets d'aménagement du territoire dans les municipalités du Québec est mis en péril par l'actuel projet de loi 122 du gouvernement du Québec, déplore les auteurs.

Une véritable consultation, sans paternalisme

Une véritable consultation en amont serait sans doute une consultation faite par la Ville auprès des citoyens des quartiers pour identifier l'usage qu'il serait possible d'envisager sur les parcelles de terrain libres. Les citoyens pourraient s'exprimer et faire part de leurs besoins et attentes envers la Ville qui, pour sa part, tiendrait aussi compte, dans les plans, de projets possibles venant d'autres parties et ferait connaître aux citoyens les choix faits tout en les expliquant. Mais est-ce que c'est ça qu'on vit à Québec?
Je ne le crois pas. La preuve en est que des élus semblent se faire les porte-parole de certains promoteurs immobiliers alors que les citoyens sont plutôt mis devant le fait accompli. Il en avait été ainsi avec le projet de l'îlot Irving qui a amené le maire Régis Labeaume à faire du porte-à-porte pendant le référendum demandé par les citoyens à ce sujet. Pourtant, ce promoteur disposait de grandes ressources pour faire valoir son point de vue, ce qui n'était pas le cas des citoyens. On a pu entendre sur Radio-Canada, ces derniers jours, la vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux, prendre fait et cause pour le projet de Cominar sur les terres des Soeurs de la Charité.
Le rôle des élus
Est-ce que c'est bien le rôle d'un élu de prendre position avant même les citoyens, sur le projet d'un promoteur? La lettre de Julie Lemieux publiée dans Le Soleil, le jour même de la signature d'un registre par les gens habilités à voter lors d'un référendum dans le dossier de la Maison Béthanie va clairement dans ce sens.
Ces gestes laissent penser à la citoyenne ordinaire que je suis que le point de vue des citoyens est sensiblement moins important pour la Ville de Québec, que celui des promoteurs dont les projets sont défendus de façon très ferme par des élus alors que le point de vue des citoyens paraît tenu pour quantité négligeable, voire être pris pour le reflet d'un conservatisme exacerbé. Un jugement très négatif alors que les experts sont très nombreux à mettre de l'avant l'importance cruciale de la participation citoyenne.
Est-il utile de dire à nouveau que l'on peut légitimement se demander si c'est vraiment le rôle d'un élu d'intervenir dans le débat public pour défendre un projet immobilier tout en semblant vouloir culpabiliser les citoyens d'exprimer une position différente de celle mise de l'avant aussi bien par le promoteur que par la Ville? Pour ma part, je ne le pense pas. Je crois que ça relève d'une forme de paternalisme à l'égard des citoyens qui sont tout à fait en mesure de prendre des décisions raisonnables.
Nicole Moreau, Québec