«Malgré les promesses du gouvernement, les investissements se font toujours attendre», écrit Michel Nardella, président de l'Association des établissements de longue durée privés du Québec.

Une situation d’iniquité intenable pour les CHSLD privés au Québec

POINT DE VUE / Lettre ouverte à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Est-ce qu’un aîné qui réside en CHSLD privé à la même valeur aux yeux du gouvernement que celui qui est hébergé en CHSLD public ?

C’est la question que nous nous posons tous actuellement. 

Au Québec, 4000 places d’hébergements pour les personnes ainées sont actuellement offertes en CHSLD privés. Ces établissements privés sont d’ailleurs des partenaires privilégiés du gouvernement puisque plus de 70% de ces places sont achetées par le réseau public de la santé. 

Or, un CHSLD privé reçoit en moyenne pour un résident, 36 000$ de moins par année pour une place d’hébergement achetée par le gouvernement, comparativement à un CHSLD public, et ce, alors que les exigences en termes de soins et de services sont les mêmes pour tous les types d’établissements.

Cette situation d’iniquité de financement, qui persiste depuis des années notamment entre les CHSLD publics et privés, est devenue critique et a des conséquences néfastes sur le maintien des conditions de vie des personnes ainées que nous hébergeons. 

Nous nous préoccupons aussi grandement du bien-être de nos employés qui font un travail difficile, nous le reconnaissons, mais ô combien important et nécessaire dans notre société. 

Toutefois, compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre qui frappe durement notre secteur de la santé et des négociations qui sont en cours dans le réseau public, il est de plus en plus difficile de réussir à attirer et fidéliser le personnel nécessaire pour répondre aux besoins de nos ainés. Rappelons qu’à l’heure actuelle, le salaire moyen de base à l’embauche d’un préposé aux bénéficiaires est de plus de 20$/h en CHSLD public, et seulement de 13 $/h en CHSLD privé. Avec l’augmentation imminente des salaires des préposés aux bénéficiaires œuvrant dans le secteur public, cet écart salarial ne fera qu’augmenter davantage si le gouvernement ne corrige pas d’abord cette situation.

À titre de propriétaires de CHSLD privés non conventionnés au Québec, nous sommes soucieux d’offrir des services de qualité et d’assurer la sécurité de nos ainés, et ce, dans le plus grand respect des normes en vigueur. Nous travaillons chaque jour de manière continue avec nos partenaires dans le réseau de la santé pour rendre nos milieux de vie plus agréables pour les ainés que nous hébergeons.

Cela étant dit, la difficulté à recruter et à conserver nos employés met à risque la qualité des soins et des services que nous pouvons offrir aux personnes ainées.

Malgré les promesses du gouvernement, les investissements se font toujours attendre, et ce, même si le dernier budget provincial prévoyait un investissement de 30 M$ pour combler l’écart entre les établissements privés et publics.

Le gouvernement doit maintenant passer de la parole aux actes, faire preuve d’équité et revoir dès maintenant à la hausse le financement des places d’hébergement achetées en CHSLD privés.

Nos ainés hébergés dans les CHSLD privés méritent d’avoir accès au même niveau de soins et de services que ceux hébergés dans les CHSLD publics.