Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Une réponse au Dr Barrette

En tant qu'enseignant en médecine familiale, vos propos récents sur la jeune génération de médecins m'ont profondément heurté. Ayant l'immense privilège d'accompagner au quotidien des résidents en médecine familiale à l'UMF-GMF Laval Québec (en plus de travailler aux côtés de médecins en début de carrière), je suis à même de constater à quel point la pratique de la médecine est exigeante, et ce, que l'on appartienne à la génération X, Y ou des baby-boomers. L'étape de la résidence - celle que traversent ceux qui, selon vous, travaillent moins fort que les médecins seniors - est tout sauf une sinécure. En plus des longues heures de travail, des gardes et des innombrables charges professionnelles et administratives qui sont le lot de tout médecin, les résidents doivent assumer la continuation de leurs études, avec tout ce que cela présuppose comme preuves à faire à soi-même et à la société. La pression est forte, la compétition l'est tout autant, les exigences professionnelles et organisationnelles vont en augmentant et l'issue d'une résidence peut être couronnée par une réussite autant que par un échec. Par conséquent, ces jeunes professionnels ont une volonté de réussir qui les pousse à travailler avec une rigueur, une minutie, une approche centrée sur le patient et un sens des responsabilités que pourraient leur envier bien des médecins dits «d'expérience». Et s'il est vrai que la génération montante de médecins est animée d'une volonté de ne pas être dévorée vivante par leur carrière - une caractéristique qui n'est pas exclusive aux médecins, soit dit en passant, et qui est un phénomène social bien documenté -, les coûts personnels et sociaux associés au surinvestissement professionnel tendent à lui donner raison... Ne dit-on pas que le médecin doit représenter un modèle de rôle positif dans la gestion de sa propre santé?
En tant qu'enseignant en médecine familiale, vos propos récents sur la jeune génération de médecins m'ont profondément heurté. Ayant l'immense privilège d'accompagner au quotidien des résidents en médecine familiale à l'UMF-GMF Laval Québec (en plus de travailler aux côtés de médecins en début de carrière), je suis à même de constater à quel point la pratique de la médecine est exigeante, et ce, que l'on appartienne à la génération X, Y ou des baby-boomers. L'étape de la résidence - celle que traversent ceux qui, selon vous, travaillent moins fort que les médecins seniors - est tout sauf une sinécure. En plus des longues heures de travail, des gardes et des innombrables charges professionnelles et administratives qui sont le lot de tout médecin, les résidents doivent assumer la continuation de leurs études, avec tout ce que cela présuppose comme preuves à faire à soi-même et à la société. La pression est forte, la compétition l'est tout autant, les exigences professionnelles et organisationnelles vont en augmentant et l'issue d'une résidence peut être couronnée par une réussite autant que par un échec. Par conséquent, ces jeunes professionnels ont une volonté de réussir qui les pousse à travailler avec une rigueur, une minutie, une approche centrée sur le patient et un sens des responsabilités que pourraient leur envier bien des médecins dits «d'expérience». Et s'il est vrai que la génération montante de médecins est animée d'une volonté de ne pas être dévorée vivante par leur carrière - une caractéristique qui n'est pas exclusive aux médecins, soit dit en passant, et qui est un phénomène social bien documenté -, les coûts personnels et sociaux associés au surinvestissement professionnel tendent à lui donner raison... Ne dit-on pas que le médecin doit représenter un modèle de rôle positif dans la gestion de sa propre santé?
Je laisse à d'autres le soin de déterminer si les critiques faites à l'endroit du Dr Yves Bolduc sont fondées ou non. Votre volonté de défendre la réputation d'un collègue est louable. En revanche, était-il nécessaire pour ce faire de dénigrer ceux qui, aujourd'hui et demain, devront relever le défi de veiller à la santé de la population? Est-ce vraiment le message que vous souhaitez envoyer à ceux qui, comme vous, ont fait le choix d'une carrière passionnante et essentielle au bien-être collectif? Et puisque votre propre carrière dans l'univers de la politique provinciale est elle-même encore bien jeune, devrions-nous en déduire que vous ne mettrez pas autant d'ardeur à défendre les intérêts des Québécois que les politiciens plus expérimentés de votre parti?
Louis-François Dallaire, t.s.
professeur agrégé de clinique
Département de médecine de famille et de médecine d'urgence,
Université Laval, Québec