Le boulanger Pascal Chazal dénonce notamment l'aseptisation à outrance.

Une règlementation d'un autre âge

Lettre ouverte à M. Pierre Paradis, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
Monsieur le ministre,
En 2012, nous avons quitté la France pour venir nous installer, investir et travailler au Québec. Aujourd'hui, après 4 millions de dollars d'investissements à Stoneham, Pascal Le Boulanger emploie 45 personnes et surtout, nous sommes reconnus dans la région pour la qualité de nos produits.
Nous comprenons très bien que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation a notamment pour mission d'assurer la sécurité des aliments par le respect de mesures sanitaires visant à préserver la santé des Québécoises et des Québécois. Et soyez assuré que nous faisons tout pour offrir à nos clients des produits sains et de première qualité. Le respect de l'hygiène de nos lieux de production et de notre personnel, ainsi que la qualité et la salubrité des produits artisanaux que nous produisons et vendons font l'objet, de notre part, d'une surveillance constante. Il en va de notre réputation d'artisan boulanger et pâtissier. Il en va aussi et surtout du respect que nous devons à nos clients. Et leur fidélité, ainsi que notre succès des quatre dernières années, sont autant de preuves de notre professionnalisme. Si les clients sont ainsi au rendez-vous, c'est bien que nous faisons tout pour leur offrir le meilleur.
Monsieur le ministre, cette lettre ouverte se veut un cri du coeur parce que nous voulons continuer à faire ce que nous faisons bien. Offrir du pain, des viennoiseries et des pâtisseries de grande qualité dans un environnement agréable, aussi bien pour nos clients que pour nos employés. Mais la réalité, c'est que la règlementation dont votre ministère a la responsabilité est d'un autre temps. Que face à des inspections répétées et tatillonnes nous sommes à la veille de baisser les bras.
Nous avons quitté la France notamment à cause de sa bureaucratie et de ses lourdeurs administratives qui découragent là-bas tant d'artisans et de commerçants. Nous avons quitté la France et ses tracasseries, ses obligations légales désuètes. Nous avons quitté la France pensant trouver au Québec un « terroir » accueillant.
Et nous ne voulons pas admettre nous être trompés.
Savez-vous combien il est difficile de trouver du personnel qualifié, volontaire et disponible? Savez-vous que les contraintes inutiles imposées à la suite des inspections de votre Ministère nous ont déjà fait perdre des employés qui ont refusé de se plier à une règlementation aussi absurde qu'inutile?
La règlementation qui s'applique à des commerces comme le nôtre doit être modernisée et je suis convaincu que vous trouverez de nombreux commerçants et artisans comme nous prêts à vous aider dans cette démarche.
Mais en attendant, cette règlementation d'un autre âge doit être appliquée avec discernement par vos fonctionnaires. Nous avons autre chose à faire que de nous battre avec un Ministère qui devrait être un partenaire et avec qui, en plus, nous partageons les mêmes préoccupations : qualité des produits et sécurité de nos clients comme celle de nos employés.
Pascal et Claire Chazal
Pascal Le Boulanger
Stoneham, Québec