Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Vancouver

Une nation, une équipe et un référendum s'il le faut

Alors qu'il représentait le Québec à Munich, Philippe Couillard a déclaré de façon plutôt contradictoire qu'il ne voulait rien savoir de l'idée que le Québec soit représenté à l'international lors de compétitions sportives d'envergure.
Ce faisant, notre premier ministre révèle clairement son profond manque d'ambition pour la nation québécoise, en plus de faire état de sa vision manifestement très fermée du concept d'«ouverture sur le monde», lui qui plaide plutôt le repli provincial avec l'enthousiasme d'un cocu content.
Les athlètes québécois, qui ont remporté à eux seuls autant de médailles que l'ensemble du Canada anglais lors des derniers Jeux olympiques d'hiver, n'aspirent-ils pas à mieux que la nette sous-représentation à laquelle on les réduit? Nos associations sportives ne devraient-elles pas être mieux valorisées et financées? Le Québec lui-même ne mérite-t-il pas mieux que la mise à l'écart des grandes fédérations et l'absence de toute visibilité internationale dans ce domaine? Pourquoi pas une Équipe Québec?
Pourquoi monsieur Couillard s'entête-t-il à refuser que notre existence soit reconnue comme il se doit, ne serait-ce que dans l'univers du lancer du marteau?
On a déjà vu le Canada pénaliser lourdement des athlètes québécois ayant osé - quel crime - agiter un drapeau fleurdelisé sur un podium. Mais que le premier ministre du Québec renonce aussi radicalement à ce que nous affichions, à la manière d'une nation digne de ce nom, nos couleurs à la face du monde, voilà qui est navrant.
Plus de 12 peuples sans État indépendant participent aux Olympiques, 30 nations non souveraines sont membres de fédérations internationales sportives.
N'aurions-nous pas au moins autant de raisons que le Groenland de faire pareil?
La popularité du sport et sa puissante force d'attraction symbolique amèneraient naturellement davantage de nos concitoyens issus de l'immigration à adhérer à l'identité québécoise, un défi par les temps qui courent.
Ils auraient la chance d'appuyer avec ferveur des formations sportives bien de chez nous, composées de nombreux jeunes athlètes eux-mêmes d'origines diverses. Un référendum?
Vivement une consultation publique, un projet de loi, sinon un référendum sur le projet d'une équipe nationale québécoise.
S'il y a un domaine où «le fruit est mûr», c'est bien celui-là. D'ailleurs, un sondage Léger Marketing paru en 2006 avait révélé que plus de 72 % des Québécois étaient en faveur d'une telle idée.
Il est temps pour le Québec, qui aspire à l'extraordinaire, de se remettre à générer autre chose que de l'ordinaire. C'est simple, les Québécois veulent une Équipe Québec, et ils l'auront!
Maxime Laporte, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
Robert Sirois, Prix Maurice-Richard 2015,ancien joueur de la LNH,directeur général de laFondation Équipe-Québec