La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann

Une ministre de la Santé préoccupée

POINT DE VUE / Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux, n’hésite pas à dire qu’elle est préoccupée.

Lorsqu’elle a accepté d’être candidate pour la CAQ, le 24 août 2018, c’était «en vue d’améliorer la situation en santé, un sujet qui évidemment me préoccupe beaucoup». La semaine dernière, elle qualifiait de «très préoccupante» la situation rapportée par Le Soleil concernant le sort de près de 600 patients en attente en psychiatrie dans la région de Québec.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale confirme en effet cette nouvelle. Une lettre d’un collectif de psychiatres dans ces mêmes pages donne des détails : il y a trop de distance entre les besoins en santé mentale et la médecine générale devant supporter la première. À la suite de la réforme dans la région, un seul hôpital, le CHUL, l’offre. «Des centaines de patients sont en attente de suivi après le départ de leur psychiatre», soulignent-ils et «il y a près de 3000 personnes avec une maladie psychiatrique qui sont toujours sans médecin de famille» alors que tous en médecine savent que c’est essentiel.

L’ex-ministre Barrette a centralisé à outrance les structures du système de santé et mis de la pression sur les administrateurs, ce qui n’a pas conduit aux meilleures décisions. Mme McCann a raison de ne pas s’attaquer de nouveau aux structures. Cette supposée réforme a eu des répercussions négatives sur l’ensemble des activités médicales.

Cela ne devrait pas empêcher cependant de mettre en œuvre un plan d’action qui privilégie une prestation de soins décentralisée et globale qui facilite l’accessibilité en étant le plus près possible du malade. Il est évident que nous aurions répondu en grande partie à ces attentes si nous avions simplement privilégié à leur juste valeur le développement et le déploiement des CLSC, les Centres locaux de services communautaires, qui étaient une solution d’avenir au début des années 70 et qui le sont encore aujourd’hui, en offrant l’éventail des soins et de suivi dans leur milieu pour des malades et leur famille.

Rendons-leur leurs lettres de noblesse puisqu’on les a dépouillés et multiplions-les si nécessaire en évitant d’en faire de pâles copies. Notre ministre s’en trouvera moins préoccupée mais tout autant occupée!