Une manifestation réelle de la beauté de la diversité culturelle

Des étudiants de cinquième secondaire de la Polyvalente de l’Ancienne-Lorette nous ont offert leurs réflexions sur le dossier de la laïcité de l’État et le port des signes religieux. Voici leurs contributions.

La religion et ses signes sont aujourd’hui un sujet de discussion très sensible qui touche de près ou de loin la plupart des citoyens et citoyennes au Québec.

Le véritable problème, selon moi, est que la Coalition Avenir Québec (CAQ) voit un danger pour la laïcité, qui est le principe de séparation de la société civile et de la société religieuse, à un endroit où il n’y en a pas. Les signes religieux n’influencent pas autant que les paroles qu’un travailleur de l’État (en position d’autorité) peut émettre envers un groupe. Par exemple, une enseignante chrétienne peut ne pas porter de signe religieux, mais peut glisser dans son discours des mots influenceurs et des idées de propagande. 

De plus, c’est sûr que nous allons juger les personnes qui nous entourent (cela ne prend qu’environ quatre secondes pour le faire), mais ce jugement ne doit pas affecter comment nous interagissons avec les autres personnes, car ce jugement peut provenir de préjugés qui sont totalement faux. 

Je n’ai aucun problème avec l’interdiction du port de signes religieux par les magistrats, par les gardiens de prison et les policiers, car ceux-ci représentent autoritairement la province. Ils doivent suivre le statut de l’État, qui est laïc, et doivent l’incarner. Toutefois, je suis complètement contre l’interdiction du port de signes religieux pour les enseignants et les enseignantes, car comme énoncé plus haut, ce sont leurs paroles et non leur physique qui influencent les jeunes comme moi. Je ne commencerai pas à changer mon opinion et mes actions juste parce que la personne en position d’autorité devant moi porte un signe religieux. Si son discours est neutre, cela n’aura pas d’impact. 

Ensuite, cette affirmation du président de CROP, M. Giguère, est déplorable, selon moi: « Le Québec envoie ses enfants dans les écoles en espérant qu’elles transmettent bien nos valeurs. Il peut y avoir une interrogation sur le port de signes religieux ». Justement, le port de signes religieux par les personnes en situation d’autorité dans nos écoles est une manifestation réelle de la beauté de la diversité culturelle que la province peut nous offrir. L’école est censée nous préparer à vivre dans la société québécoise et dans le monde où diverses religions se rencontrent et le gouvernement nous enlèverait cette diversité qui participe à la formation de notre esprit critique et de notre ouverture d’esprit. 

Selon moi, ce que la population semble dire dans les sondages est que les signes religieux portés par les enseignants les empêchent de faire leur travail correctement, de transmettre les bonnes valeurs. C’est comme si une personne qui nous éduquait sans signe religieux le ferait mieux que celle qui en porte, alors qu’il s’agit de leurs comportements, de leurs expériences et de leur dynamique qui font qu’un cours est intéressant ou pas. Signes religieux ou pas, ces aspects ne changeront pas. 

Voici donc mon opinion. Je pense que la mienne et celles des adolescents doivent être prises en compte pour le futur qui va être le leur!


Maxime Fournier, 5ème secondaire

Polyvalente de L’Ancienne-Lorette