Donald Trump

Une gouvernance à chaud et à froid

L'année 2017 s'annonce sous le signe de la controverse. Nos voisins américains ont élu un électron libre qui loge au côté obscur de la force. Que fera-t-il de tout ce pouvoir entre ses mains? Pour lui, tout est question d'image. Dans un monde de téléréalités, le virtuel remplace le réel, puisque le déterminisme du scénario est connu d'avance; il s'agit d'y conduire les acteurs qui ont l'impression de construire leur propre réalité. C'est ce qui fait peur de la part de Trump: où conduira-t-il l'Amérique et, dans son sillage, le monde entier?
Plus près de nous, le premier ministre Trudeau vogue sur une image qui commence à pâlir. Il entretient le chaud et le froid. D'une part, il se veut le défenseur de l'environnement en signant des traités internationaux exigeants et, de l'autre, il ouvre la porte aux oléoducs qui risquent de contrevenir à ces grands principes. 
Il prétend que son parti a un financement propre, mais il monnaie sa présence à des lobbyistes chinois. Il flirte avec son électorat québécois, mais exige des conditions inacceptables pour le financement en santé. À ce que je sache, le gouvernement canadien n'a jamais administré aucun hôpital, aucun CHSLD et aucune clinique. Il se contente de prélever nos impôts et de jouer au père Noël avec les transferts qui nous appartiennent. Pour lui, l'année qui vient sera très importante, il devra casser le miroir devant lequel il se mire pour affronter les réalités du pouvoir.
Enfin, du côté du premier ministre Couillard, tout est à reconstruire. Un remaniement ministériel est en vue. Le fait de remplacer les acteurs peut-il modifier l'intérêt pour le film? À moins de remplacer le scénario néolibéral par une approche où l'austérité cède la place à la compassion, l'image du parti libéral ne pourra pas s'imposer. C'est plutôt la réalité du passé qui prendra le dessus.
À vouloir manipuler en même temps le chaud et le froid, nos représentantes et représentants élus risquent de se brûler les doigts et de refroidir notre confiance par leur cynisme destructeur.
Marcel Perron, Neuville