«Un de mes endroits préférés au monde, le California Veterans Home, est désormais entaché de sang et de honte», se désole l'auteur de ces lignes.

Une culture à dénoncer

J’ai lu avec beaucoup de tristesse l’histoire de la tuerie à la California Veterans Home, où le suspect et trois femmes ont trouvé la mort.

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Je suis né en Ontario, où j’ai grandi, mais j’ai passé 31 ans aux États-Unis, c’est-à-dire une bonne partie de ma vie d’adulte. Je peux vous affirmer honnêtement que je ne m’étais jamais habitué à la culture des armes à feu. Il y a quelque chose de très étrange chez nos voisins du sud, impossible à comprendre. Pourquoi ne pas contrôler les armes à feu? Pourquoi tolérer autant de massacres, de meurtres et de suicides?

Parmi ces 31 ans, il y avait une dizaine, de 1998 à 2008, quand j’étais installé au centre-ville de Napa, dans la Vallée de Napa. J’ai visité la California Veterans Home régulièrement, probablement plus d’une centaine de fois. Le site est ouvert au grand public et il est vraiment spectaculaire, entouré de vignobles, plein d’arbres, jardins communautaires, et j’en passe. C’était un grand plaisir de marcher autour du site. C’était tellement beau, un havre de paix et de confort. Quand mes amis de l’Australie sont venus me visiter, je leur ai montré le California Veterans Home.

En plus de l’hôpital, il y a des infrastructures qui jouent un rôle central dans la vie sociale de la vallée. L’Orchestre symphonique joue dans le Lincoln Theater, c’est leur siège social, leur Palais Montcalm. Le Napa Valley Museum est là. Il y a une piscine, des courts de tennis et un stade de baseball pour la ligue mineure. Ce n’était pas par accident que j’ai fréquenté la California Veterans Home. J’avais de bonnes raisons.

Parfois, j’étais un peu jaloux de ses mille résidents, les anciens combattants. Mais je n’étais pas un militaire, et en tout cas, il fallait être âgé ou gravement blessé pour avoir le droit d’y vivre.

Et maintenant, voici comment la culture des armes à feu fait irruption dans mon esprit, voici comment ça change mes souvenirs, voici comment ça me touche. Un de mes endroits préférés au monde, le California Veterans Home, est désormais entaché de sang et de honte. Moi aussi. Ça me touche.

Je propose une dénonciation à l’échelle de la planète. Que toute l’humanité dénonce, d’une seule voix, la culture des armes à feu aux États-Unis. Assez, c’est assez. Ça nous touche, nous aussi. Cette culture inspire, chez certains de nos concitoyens, les mêmes attitudes de violence extrême et de haine. Ça rend plus difficile et coûteux le contrôle des armes à feu chez nous.

Ce n’est pas qu’une question de politiques internes d’un autre pays. C’est devenu une honte planétaire. John F. Kennedy? Martin Luther King? Abraham Lincoln? John Lennon? Ces gens vous manquent? Ça vous touche, vous aussi? Alors, on dénonce!

W. Stuart Edwards, Québec