L’ancien pape Benoit XVI (à droite) a publiquement exhorté son successeur François à abandonner l’idée d’ordonner prêtres des hommes mariés.

Une «belle-mère» au Vatican

POINT DE VUE / Il n’y aurait donc pas qu’en politique qu’un ancien chef se permet de donner des conseils à son successeur. Voilà que maintenant, le pape Benoît XVI (92 ans) met en garde le pape François sur l’éventualité qu’on puisse ordonner prêtre des hommes mariés, comme si, entre autres, «l’état conjugal» rendait impur tout candidat à la prêtrise, alors que ça ne serait pas le cas pour un célibataire.

Voilà la perception qu’ont les laïcs sur ce sujet. Jusqu’à l’an 1000, je crois, les prêtres étaient pourtant mariés et avaient des enfants. Dans Le Soleil du 13 janvier, un article laisse même supposer que, par son action, le pape François veut «impressionner par des mauvais plaidoyers, des mises en scènes théâtrales, des mensonges diaboliques», etc. 

Cette prise de position, qui fait tort à notre Église, illustre fort bien toute l’opposition à laquelle doit faire face le pape François à l’intérieur même du Vatican. 

Ce pape actuel n’est pourtant pas sans savoir qu’au sein de notre Église, à travers le monde, les fidèles, les prêtres et bien des évêques l’appuient sans équivoque dans ce retour authentique au message évangélique qui est pourtant si simple et si exigeant. 

Un message par lequel on ne juge pas, mais qui incite plutôt à l’accueil et l’aide sans condition. Je ne crois pas que le pape Benoît XVI soit si bien placé pour faire la leçon à son successeur, alors que, lorsqu’il était archevêque de Munich, puis préfet de la Doctrine, au Vatican, il avait gardé sous silence bien des scandales de pédophilie au sein du clergé, scandales dont il avait pourtant été mis au courant. La tâche que s’est donnée le pape François face à plusieurs problèmes constitue un énorme défi et, pour y faire face, il mérite un appui universel.