L'auteure de cette lettre dénonce la fermeture définitive d'un point de service Desjardins.

Un «simple client» de Desjardins proteste

Le seuil de ma tolérance à la multiplication des fermetures de point de service Desjardins est atteint! Mon vase a débordé au moment de mon passage hier à un des comptoirs de Desjardins de mon secteur. Le personnel en place m’a annoncé, avec toute la courtoisie du monde, la fermeture définitive et imminente de ce point de service.

Pire que le choc de cette annonce, on me confie que les membres n’auraient pas été consultés au moment de prendre cette décision. De toute façon, protester est une cause perdue d’avance, ajoute une personne présente. «C’est comme David contre Goliath».

Est-ce à dire que tous les membres de ce point de service auraient oublié qu’ils et qu’elles sont tous et toutes les copropriétaires de Goliath? Le principe fondateur «d’un membre, un vote» peut-il être ainsi écarté du revers de la main, évacuant simultanément le droit de parole et la volonté des membres, dans un moment aussi capital qu’une fermeture de comptoir de service? Il me semble erroné de croire que le conseil est seul à pouvoir décider en telle circonstance.

Je suis membre chez Desjardins depuis l’époque des «Caisses Scolaires», c’est vous dire que je suis retraité. La totalité de ma vie financière s’est déroulée et se déroule encore chez Desjardins, je considère donc agir en coopérant digne de ce nom. À ce titre, je souhaite soulever le questionnement suivant : Desjardins s’intéresserait-il aujourd’hui davantage à des clients payants plutôt qu’aux petits épargnants? La priorité première de Desjardins serait-elle passée du «membre» à la «rentabilité»? Et si la rentabilité est la nouvelle priorité, la formule coopérative de Desjardins serait-elle mise en péril? Fermer un point de service dans un petit village où la majorité de la population est vieillissante, souvent résignée à obéir sans résister, est-ce respectueux de la mission fondatrice de Desjardins?

Enfin, aux tenants du discours chimérique voulant qu’il n’y ait plus que via internet que nos vies pourront s’épanouir, je dis ceci : «Je préfère encore être en ligne à un comptoir de service afin d’avoir accès à un être humain compétent et souriant, plutôt que d’être en ligne sur internet». Un service à vitesse humaine me semble préférable à un service à très haute vitesse dans un monde où l’on trouve que tout va déjà trop vite.

Vous aurez compris qu’à travers ces lignes de questionnement se trouve aussi toute ma fierté. Fierté que ma Caisse Populaire Desjardins, celle de mon enfance tout comme celle de ce jour, ne soit pas et ne veuille pas ressembler à une banque, Elle accepterait alors de laisser s’éteindre l’étincelle qui lui a donné vie. J’aime que ma Caisse Desjardins soit et demeure différente des banques. Qu’elle cesse, sur l’heure, avec l’accord de ses membres, toute fermeture de point de service et qu’elle procède à la réouverture de certains d’entre eux, si tel était le désir de la majorité. Suis-je le seul à penser ainsi?

Serge Guérette, Rivière-du-Loup