Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval et présidente du conseil d’administration d'Universités Canada
Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval et présidente du conseil d’administration d'Universités Canada

Un rôle névralgique durant la crise

Sophie D’Amours
Sophie D’Amours
Rectrice de l’Université Laval
POINT DE VUE / Alors que le Québec, le Canada et la planète entière vivent la plus grande crise sanitaire depuis un siècle, les universités ont un rôle névralgique à jouer.

Partout au pays, les universités sont des acteurs clés dans la lutte à la COVID-19. Des professeurs mènent des projets de recherche qui contribuent à l’effort global pour trouver un vaccin, un médicament ou un traitement à la COVID-19.

Les universités ont également un rôle de premier plan à exercer pour canaliser les expertises. Au fil des dernières années, elles ont grandement participé à créer une cohésion entre les milieux gouvernementaux, d’affaires, d’enseignement et de recherche pour aider nos sociétés à élaborer des solutions globales à cette crise sanitaire.

Nous avons tous un rôle à jouer devant cette pandémie. Les universités ont le devoir de soutenir l’effort collectif en santé publique et d’appuyer les gouvernements.

Le Québec est mis «sur pause» à l’heure actuelle. L’activité économique est au ralenti dans toutes les sphères de la société. Or, durant cette période critique, notre communauté étudiante poursuit tout de même son parcours vers la diplomation.


« Nous avons tous un rôle à jouer devant cette pandémie. Les universités ont le devoir de soutenir l’effort collectif en santé publique et d’appuyer les gouvernements. »
Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval et présidente du conseil d’administration d'Universités Canada

En ligne, à distance, par visioconférence, par des moyens ingénieux et créatifs, ces étudiantes et ces étudiants demeurent au rendez-vous. Ils restent motivés, malgré cette situation éprouvante.

Après un effort colossal de la part des corps professoraux et enseignants au cours des dernières semaines, l’Université Laval a été en mesure de maintenir près de 95 % de ses cours au moyen de solutions de formation à distance. Un virage impensable il y a quelques jours à peine.

La relève étudiante sera en mesure de terminer sa session. Des milliers de diplômes seront octroyés. Le corps enseignant, le personnel et la direction de l’Université Laval sont fiers de ces milliers d’étudiantes et d’étudiants qui gardent espoir en dépit de la crise mondiale. Malgré l’adversité et leurs difficultés personnelles, ils apportent encore leur créativité et leur vivacité dans nos classes virtuelles. Leur réponse devant cette perturbation mondiale est remarquable.

Ce sont ces leaders que nous verrons à l’œuvre dans le Québec de demain. Une nation qui se relèvera de la crise en misant sur le talent, le savoir et l’innovation. Les diplômés universitaires participeront à la reprise économique et à la relance de la société québécoise.

En outre, nos professeurs, chercheurs et professionnels de recherche maintiennent jour après jour la mission universitaire. Conception de nouveaux vaccins, tests de médicaments, méthodes de travail de nos « anges-gardiens » du réseau de la santé, analyses sociales d’un monde en plein bouleversement : ces personnes participent à des analyses et à des projets de recherche collaboratifs au cœur de la réponse à la COVID-19.

Des membres du personnel se mobilisent pour que des instruments de recherche et des équipements médicaux soient acheminés au réseau de la santé afin de répondre à la pandémie.

Notre rôle ne fait cependant que commencer.

Le monde a changé. Il ne sera plus jamais le même.

Nos rapports sociaux seront transformés pendant longtemps par la distanciation. Notre système de santé sera marqué par cette gestion de crise. Nos psychologues et nos travailleurs sociaux devront mesurer les répercussions de cet isolement social massif et soudain. Le monde du travail reverra ses pratiques et ses attentes en cette ère de télétravail et d’agilité. Nos villes et nos collectivités devront être plus intelligentes et numériques que jamais.

L’apport de nos universités sera essentiel lorsque la société reprendra son envol. Les communautés étudiantes, nos professeurs, nos leaders, nos diplômés, devront apporter des idées et des solutions à un monde ébranlé.

Pour l’Université Laval, ces chantiers marqueront l’avenir de notre communauté et nous serons aux côtés de la ville de Québec, du Québec et du Canada dans un monde nouveau.

Sophie D’Amours est aussi présidente du conseil d’administration d'Universités Canada