Un rêve olympique terni par la cupidité

En réaction au texte «Médaille d'or de la couardise» de Brigitte Breton paru le 26 juillet
Je me souviens encore de ce jour du mois d'août 1988 où, rivés à notre téléviseur, nous attendions avec fébrilité le départ de la course de 100 mètres qui devait consacrer Ben Johnson l'homme le plus rapide du monde.
Je me souviens encore plus de la consternation ressentie, deux jours plus tard, à la perspective que cet athlète, présenté jusqu'alors comme un héros national et un exemple à suivre, soit en réalité un vulgaire tricheur!
Près de 20 ans plus tard, à l'aube des jeux de Rio, on ne sera plus à se demander, avec candeur, «Y aurait-il un tricheur dans l'épreuve?» mais plutôt, avec scepticisme, «Qui, parmi les partants, incarne les valeurs d'intégrité et de dépassement propres à l'olympisme comme le voulait le père des jeux, le Baron De Coubertin?»
On aura beau décrier l'aberrante décision que viennent de rendre les dirigeants du CIO, il y a peu de chances que les choses changent tant que commanditaires et réseaux de télévision continueront de s'arracher les droits de diffuser cette grand-messe du sport qu'on aurait avantage à intituler désormais «Qui dit vrai?».
Dommage pour tous ces «athlètes propres» pour qui le rêve olympique est terni par la cupidité des tricheurs, de leurs entraîneurs et de leurs dirigeants politiques tout autant que par le laxisme des dirigeants du CIO.
Jean-Paul Plante
La Malbaie