La région est aux prises avec une pénurie de pharmaciens en milieu hospitalier. La majorité des finissants en pharmacie optent pour le privé, où les salaires sont plus élevés.

Un réseau autonome de santé qui a fait ses preuves

Alors que l'été bat son plein, que la joute politique, les lois à l'étude, les commissions parlementaires et les décisions de notre gouvernement font moins les manchettes, il demeure pertinent de rappeler l'importance du débat à venir cet automne dans le domaine de la santé, et plus particulièrement sur la question de l'encadrement des pharmaciens.
Depuis plusieurs années, je suis un observateur privilégié du secteur pharmaceutique en raison de mes activités professionnelles. Autant en raison de mon implication avec la plateforme numérique de services PlanSanté, qui regroupe plus de 400 pharmacies employant plusieurs pharmaciens et infirmières qui prodiguent des soins à la population, que par mes activités en tant que producteur de médicaments avec Pharmapar, j'ai eu la chance de voir l'énorme évolution du rôle des pharmaciens auprès de la clientèle.
Plus qu'un simple point de vente, la pharmacie peut jouer un rôle prépondérant et de première ligne auprès de la clientèle. Malgré tous les efforts des gouvernements successifs, l'État québécois peine toujours à trouver la posologie adéquate pour assurer un meilleur service à la population, et ce, en dépit des nombreuses modifications au système.
Les pharmaciens ont déjà commencé à prodiguer des actes médicaux et à offrir des services de première ligne, mais peuvent en faire encore plus pour soutenir la population et éviter l'engorgement des hôpitaux. À ce sujet, plusieurs pharmaciens propriétaires dans l'ensemble du Québec travaillent déjà en collaboration avec des infirmières qu'ils rémunèrent eux-mêmes. Ils sont nombreux, d'ailleurs, à offrir des services lors de la campagne de vaccination antigrippale automnale qui n'est qu'un exemple de tout ce qui est fait. Nous pourrions, conjointement avec l'État, nous attendre à voir cette pratique s'accroître dans les prochaines années et offrir aux patients une multitude de services pour un meilleur fonctionnement du système de santé.
Avec l'entrée en vigueur des nouveaux actes professionnels des pharmaciens prévus à la loi 41 qui a été initiée par le ministre Gaétan Barrette, avec les projets de loi entourant les appels d'offres et les allocations professionnelles ainsi qu'avec la révision du code de déontologie par l'Ordre des pharmaciens, il ne faudrait pas perdre de vue l'utilité et les avantages pour les soins de santé québécois de pouvoir compter sur un réseau autonome et bien développé ayant la capacité de fournir des soins qui ne requiert pas la présence d'un médecin.
Diane Lamarre, députée à l'Assemblée nationale du Québec et ancienne présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec de 2009 à 2014, a affirmé récemment : «Notre système de santé est malade et nous avons besoin de tous les intervenants pour offrir de meilleurs soins aux patients. À cet égard, la contribution des pharmaciens est essentielle.»
Enfin, tout un secteur des soins de santé perçoit d'un bon oeil l'accroissement de leurs responsabilités et démontre sa pleine capacité à relever les défis. À ce sujet, Jean Thiffault, président de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires, a déclaré publiquement qu'un élargissement du rôle du pharmacien représentait avant tout un élément positif pour les patients.
Il ne reste maintenant plus qu'à souhaiter une ouverture du gouvernement sur ces questions et une mise en oeuvre harmonieuse dans une perspective où toutes les parties prenantes en ressortiraient gagnantes.
Hugues Gélinas
Président de Plan santé, vice-président directeur de Pharmapar et Pharmablogue