Le bon sens retrouvé, c'est le réseau collectif de transport moderne et efficace trop longtemps différé, dans les mêmes circonstances déjà ailleurs mis en œuvre, qu'on s'apprête à réaliser.

Un projet emballant, enfin!

Le jeudi 11 mars 1982, le consortium TransUrb-Polygec publiait le rapport commandé conjointement par le ministère des Transports et la Commission de transport de la Communauté urbaine de Québec concernant la faisabilité d'un système de transport rapide dans la région de Québec, alors communément appelé métro de surface. Le vocable de tramway faisait trop ringard...

Les tribulations politiques et budgétaires bien connues des années et décennies qui suivirent empêchèrent sa réalisation. Après la création de la Ville nouvelle de Québec, le Réseau de transport de la Capitale récidivait avec un dossier analogue en 2003. Le manque d'appétit des décideurs politiques de l'époque l'ont replacé sur la proverbiale tablette. Mais il ne dormait que d'un œil, attendant la fenêtre d'opportunité politique qui le remettrait littéralement sur les rails. L'histoire récente pleine de rebondissements de ces quelque 35 années de gestation est bien connue. 

Je n'ai évidemment aucune réticence à féliciter et remercier le maire de Québec pour avoir enfin mis tout son capital politique dans la balance, non plus que le premier ministre, afin de réaliser le plus important projet d'infrastructure que notre ville aura connu depuis la construction de son aqueduc au XIXe siècle. Nous rattraperons du coup un retard devenu gênant et affligeant.  De la même façon que le nom de M. Drapeau est pour toujours associé à la construction du métro de Montréal, celui de M. Labaume le sera à celle de l'épine dorsale du réseau de transport qui sillonnera bientôt notre ville. 

Pour celles et ceux qui seraient impressionnés par les montants en jeu, faut-il rappeler les milliards qui sont toujours dépensés pour l'agrandissement du réseau autoroutier métropolitain, rapidement congestionné de nouveau, dont une bonne partie sera de toute façon obsolète dans peu d'années avec l'avènement des véhicules à conduite autonome. À vrai dire, ce sera bientôt la fin de la voiture individuelle, du moins en milieu urbain. Bref, dans ce cas,  on persiste à investir futilement dans le passé, comme partout l'expérience le démontre: exit le dinosaurien troisième lien! Mais passons...

Le bon sens retrouvé, c'est le réseau collectif de transport moderne et efficace trop longtemps différé, dans les mêmes circonstances déjà ailleurs mis en œuvre,  qu'on s'apprête à réaliser. Ce n'est que son début, car il sera certainement complété au fur et à mesure. 

Puis-je me permettre une suggestion? La ligne de tramway vers le nord devrait être construite immédiatement jusqu'à la rue de la Faune dans Charlesbourg, de façon à éviter une rebutante correspondance pour les résidents du secteur et les usagers venus de plus loin. On y trouve ainsi un stationnement important, qui fait défaut au terminus nord actuellement prévu de cette ligne, adjacent au Trait Carré du Vieux Charlesbourg. Voilà! 

Bravo et bon voyage.

Denis de Belleval, Québec