L'ex-député du NPD Raymond Côté indique qu'en 2011, la priorité du Port de Québec était la réfection des installations désuètes et qu'un projet d'agrandissement était dans les cartons mais qu'il passait bien après la remise en état des installations portuaires. 

Un projet d'agrandissement pour quels intérêts?

En 2011, Annick Papillon, députée de Québec, et moi avons rencontré le nouveau pdg du Port de Québec, Mario Girard. Ce fut une rencontre franche et agréable entre un nouvel administrateur écorché par la controverse entourant ses qualifications scolaires et deux nouveaux députés issus de la vague orange.
M. Girard nous a clairement exprimé à ce moment que la priorité du Port de Québec était la réfection des installations désuètes et qu'un projet d'agrandissement était dans les cartons mais qu'il passait bien après la remise en état des installations portuaires. Les députés du NPD de la région de Québec ont, en conséquence, appuyé une motion que j'ai déposée pour que le fédéral supporte la remise en état des installations portuaires. L'ancien ministre des Transports Denis Lebel a ridiculisé notre volonté d'aider le Port de Québec et son gouvernement a voté contre la motion.
En 2014, nous avons appris que le Port de Québec changeait ses priorités et lançait un projet d'agrandissement d'envergure où la ligne de quais s'allongeait de 600 mètres et qu'un quai duc-d'Albe s'ajoutait pour permettre d'accueillir des pétroliers. L'explication à ce revirement de situation était que l'agrandissement allait générer les revenus pour financer les travaux urgents de réfection.
Franchement, répondre à une urgence avec 10 ans de retard m'apparaît comme étant une mauvaise voie. Et rien dans ce que présente le Port de Québec ne permet de croire que ces revenus seront suffisants pour une quelconque réfection.
Quand la ministre des Transports Lisa Raitt a lancé l'examen sur la Loi sur les transports au Canada en 2015, j'étais loin de me douter de la troublante coïncidence qui apparaît entre le projet d'agrandissement de Beauport 2020 et les plans de privatisation des administrations portuaires canadiennes du gouvernement de Stephen Harper. Le retour dans l'actualité de ce projet de privatisation, avec un mandat octroyé par le gouvernement de Justin Trudeau à la firme Morgan Stanley Canada Limited, m'a mis la puce à l'oreille et m'a rappelé à quel point le monde maritime de Québec est proche du pouvoir fédéral.
Durant mon mandat, mon équipe a trouvé pour près de 40 000 $ de dons au Parti conservateur du Canada faits par des dirigeants d'Arrimage Québec, du Groupe Océan et des représentants des utilisateurs au C. A. du Port de Québec de 2006 à 2015. Plus précisément, huit dons de 1000 $ ont été versés à la campagne à la réélection du regretté ministre des Finances Jim Flaherty du 5 au 8 avril 2011 par plusieurs de ces dirigeants, dont le président fondateur d'Arrimage Québec, Denis Dupuis, et le premier vice-président et directeur général du Groupe Océan, Jacques Tanguay. 
Rappelons que le C. A. de chacune des administrations portuaires canadiennes compte une majorité de représentants des firmes utilisatrices des installations portuaires.
Je me pose alors la question : quels buts poursuit le Port de Québec avec le projet Beauport 2020?
Raymond Côté, député NPD de Beauport-Limoilou de 2011 à 2015