Selon un sondage de la Chambre de commerce, 61 % des propriétaires et 41 % des locataires ont vu leurs taxes municipales bondir de plus de 20 % depuis 2010 dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

Un portrait trompeur de Saint-Jean-Baptiste

En réaction au texte «Fermetures en série», paru le 6 septembre
Il est rare que je prenne la plume pour réagir à des articles publiés dans des quotidiens de Québec, mais le nombre d'erreurs dans l'article de Gilbert Leduc - dont celui-ci n'est en rien responsable, je le précise - m'y incite.
M. Leduc s'est inspiré du mémoire qu'a dû déposer la Chambre de commerce et d'industrie de Québec pour titrer «Fermeture en série» dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. De toute évidence, l'auteur du texte de la Chambre ne comprend pas toutes les subtilités de la fiscalité municipale...
J'ignore la source de ces données, mais elle nécessite certaines précisions et j'entends corriger le tir avec des données objectives et vérifiables pour recentrer l'analyse de la Chambre de commerce.
Depuis 2009, nous constatons que 68 commerces ont cessé ou déplacé leur activité dans Saint-Jean-Baptiste. Toutefois, l'auteur néglige de dire que d'autres ont ouvert leurs portes : entre 2013 et 2016, le nombre d'entreprises a augmenté de 45 au net. Ça, c'est la réalité. À titre d'exemple, la Duchesse d'Aiguillon, citée dans la liste des fermetures, a déménagé son commerce de quelques rues pour agrandir sa capacité de vente.
Le taux de vacances de superficie commerciale de la SDC était de 7 % en 2016, ce qui représente une excellente performance à cet égard.
Les entreprises sondées par la Chambre de commerce parlent d'une augmentation de taxes de 20 % depuis 2010 en fonction de la valeur de leur immeuble. Toujours selon eux, «le modèle foncier actuel incommode les PME». Je tiens à rappeler à l'auteur de ce document que la fiscalité municipale relève du gouvernement du Québec et nous l'appliquons de notre mieux. Je rappelle que c'est mon administration qui, au cours du dépôt des derniers rôles d'évaluation, a instauré une mesure «Robin des bois» pour atténuer le fardeau de l'augmentation de l'évaluation et donc de la taxation de ces mêmes PME.
La Chambre en profite aussi pour déplorer la disparition de commerces de proximité qui fuient vers la banlieue soi-disant parce que les frais fixes y sont moins élevés. Pourtant, je réitère qu'au cours des trois dernières années, il y a eu une augmentation nette de 45 commerces dans Saint-Jean-Baptiste.
Et mon administration est bien chanceuse que la Chambre de commerce ne lui impute pas la désertification des commerces de l'ex-Place Québec. Le déplacement des commerces n'est pas nouveau et il n'a pas commencé sous mon administration.
Je rappelle que l'augmentation cumulative des taxes commerciales sur 1  ans est comparable à la moyenne des grandes villes québécoises. Je souligne que Québec connaît cette année sa 25e année consécutive de croissance du PIB et que le taux de chômage se situe à 4 %, ce qui augmente le pouvoir d'achat des contribuables de Québec. Quand tout le monde travaille, tout le monde consomme et c'est à l'avantage des commerces de la région.
Subventions de la Ville
Je rappelle aussi à la Chambre de commerce et d'industrie de Québec que la Ville a mis sur pied le comité présidé par M. Jean Saint-Gelais pour revoir les façons de faire et améliorer l'environnement économique, fiscal et réglementaire des commerces. C'est probablement parce que mon administration a le goût de faire bouger les choses et d'améliorer la situation.
Depuis 2013, c'est près de 400 000 $ que la Ville a accordé en subvention à la Société de développement du Faubourg. Mon administration a à coeur que ce quartier rayonne. Nous avons de plus accordé un montant de 150 000 $ pour des projets de développement et d'animation spécifiques à ce secteur.
Enfin, il faut que le président de la Chambre de commerce de Québec ne prenne pas souvent le transport en commun pour affirmer que le quartier Saint-Jean-Baptiste est mal desservi par le RTC. Plus d'une centaine de véhicules circulent quotidiennement dans ce quartier malgré les travaux, sans oublier les centaines de véhicules du Métrobus qui le ceinturent aux 15 minutes à moins de 5 minutes de marche.
Je suggère à la Chambre de commerce de travailler davantage en collaboration, avec les autres partenaires économiques de la région, si elle souhaite, comme nous, vraiment contribuer à l'amélioration du développement économique de Québec.
Régis Labeaume, maire de Québec