Un piéton écoeuré

POINT DE VUE / Être piéton en hiver dans l’arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge est un exercice ardu et frustrant. D’abord parce que les trottoirs ne sont pas déneigés les fins de semaine à partir de la fin de l’après-midi du vendredi (jusqu’au lundi matin aux petites heures) et, en second lieu, parce que la gestion du déneigement des trottoirs est conçue pour atteindre des objectifs bureaucratiques et non pas pour satisfaire les citoyens.

Il m’est difficile de comprendre pourquoi on ne déneige pas les trottoirs du vendredi soir au lundi matin. Les citoyens de l’arrondissement cessent-ils de marcher pendant les fins de semaine? La réponse est évidemment non, bien au contraire. Les chutes de neige font-elles une pause pendant les week-ends? Marcher, c’est bon pour la santé et pour l’environnement, de plus en plus de citoyens faisant leurs courses à pied. Mais si les trottoirs sont encombrés de neige ou glacés, ils resteront chez eux ou prendront leur automobile. On comprendra que c’est essentiellement une affaire budgétaire, dans laquelle la satisfaction des piétons payeurs de taxe n’est pas prise en compte.

La gestion du déneigement des trottoirs en général est un irritant encore pire, si c’est possible. D’abord parce que sur les rues où le trottoir jouxte la chaussée, la chenillette passe avant le camion qui dégage la rue. Résultat : le trottoir est dégagé pendant quelques minutes, jusqu’à ce que la gratte l’encombre à nouveau avec une gadoue lourde, salée et dégueulasse (et qui souvent va geler pendant la nuit). L’employé et le contremaître peuvent quand même cocher dans la case «trottoir déneigé» et rentrer chez eux avec le sentiment du devoir accompli. Mais hélas, ce travail planifié par des gens qui ne marchent jamais a été fait en vain et le trottoir demeure difficilement praticable, sinon carrément périlleux. La solution est pourtant simple:  la chenillette doit passer une dernière fois après que la rue ait été totalement déblayée. De plus, quand il y a de la bruine ou du verglas, une chenillette doit impérativement sortir pour épandre des abrasifs (pas besoin de sel), de façon à limiter les occasions de chutes et de blessures (personne n’exige la perfection).

En fait, il faut changer la mentalité des gestionnaires et des travailleurs de la voirie. Ceux-ci ne doivent plus penser en fonction du nombre de kilomètres parcourus ou du travail effectué pour satisfaire des normes abstraites, mais pour rendre les trottoirs praticables pour les piétons le plus souvent possible. Nous comprenons qu’il y a des contraintes budgétaires, mais celles-ci ne doivent pas être supportées par les seuls piétons.