Un nouveau missile, ultime provocation iranienne

OPINION / Le missile de croisière d’une portée de 1350 km, baptisé Hoveyzeh, a été présenté lors des célébrations du 40e anniversaire de la prise du pouvoir par les islamistes en 1979 en Iran.

Le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, a déclaré que «Le Hoveyzeh appartient à la famille des missiles de croisière Soumar. Il a une haute précision et est capable de détruire des cibles au sol». Il a ajouté que le missile avait besoin «de très peu de temps pour être préparé au lancement et peut voler à basse altitude». De son côté, le général Amir-Ali Hajizadeh, chef de la division aérospatiale du Corps des gardiens de la Révolution islamique, a déclaré que l’Iran était désormais capable de fabriquer une gamme complète de missiles...

Ce nouveau test apparaît comme un ultime pied de nez au droit international et provoque craintes et critiques de la part du monde entier.

Aux termes de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Iran ne doit mener «aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques» et ce pendant huit ans. En décembre, les États-Unis avaient déjà exhorté le Conseil de sécurité de l’ONU à prendre des mesures punitives contre l’Iran pour limiter son programme de missiles balistiques menaçant le Moyen-Orient et au-delà.

La nouvelle s’annonce au milieu de tensions accrues entre l’Iran et les États-Unis, qui militent pour une interdiction des tirs de missiles et de fusées spatiales par l’Iran. Dans une entrevue durant l’émission Face the Nation de CBS, du 4 février, Trump a souligné l’importance d’une base militaire clé en Irak, essentielle pour la surveillance des activités de la République islamique.

«Nous avons dépensé une fortune pour construire cette base incroyable, nous devons la garder», a-t-il déclaré, évoquant apparemment la base aérienne d’Ain al-Asad dans l’ouest de l’Irak. «Et l’une des raisons pour lesquelles je veux le garder, c’est parce que je veux me pencher un peu sur l’Iran, car l’Iran est un problème réel», a déclaré Trump. Et d’ajouter que «de nombreuses régions du Moyen-Orient sont dans une situation extrêmement difficile. Toutes ces difficultés ont été causées par le premier pays terroriste au monde, l’Iran».

L’Union européenne s’est déclarée profondément préoccupée par les lancements et les tests de missiles balistiques du régime iranien et a appelé Téhéran à mettre un terme aux activités qui renforcent la méfiance et déstabilisent la région. Téhéran devrait notamment s’abstenir de tout travail sur les missiles conçus pour être capables de fournir une arme nucléaire, a déclaré l’UE.

Téhéran comme d’habitude se défend en prétextant que ses essais de missiles ne sont pas en violation de la résolution et nie que ses missiles soient capables de transporter des ogives nucléaires. Mais d’après un rapport publié en 2017 par l’Institut international d’études stratégiques (IISS) de Londres, l’Iran développe une douzaine de types de missiles d’une portée de 200 à 2000 km et pouvant emporter des charges de 450 à 1200 kg.

Cette énième provocation du régime doit être suivie de sanctions, les dirigeants européens et américains doivent réagir avec davantage de fermeté.

Ainsi, «Plusieurs milliers de partisans d’un groupe d’opposition iranien en exil ont défilé le 8 février à Paris, appelant à la fin du régime clérical iranien 40 ans après la révolution islamique, qui a renversé la monarchie iranienne».

Shahram Golestaneh

Président de l’association de l’Iran Démocratique, basé à Ottawa