Patrice Bergeron, un auxiliaire en santé et services sociaux qui travaille dans une des 22 résidences à assistance continue du CIUSSS de la Capitale-Nationale, dénonçait la sécurité déficiente dans ces établissements.

Un milieu de vie comme dangereux, vraiment?

En réaction à l’article publié le 24 janvier et aux propos du représentant syndical, Patrice Bergeron 

Je travaille à la résidence Boisclerc depuis 2008, à temps complet de soir, comme éducatrice spécialisée. 

C’est fâchant de lire des informations tenues par le syndicat et qui n’ont pas été validées par des intervenants de la résidence, qui y travaillent depuis un certain moment. De quel droit peut-il étiqueter les usagers en ciblant leur milieu de vie comme dangereux ? Nous avons une clientèle autonome et certains savent lire, donc ils regardent les journaux aussi. C’est un manque de respect envers notre clientèle. 

L’usager qui était un peu plus dangereux à la résidence Boisclerc a été relocalisé dans un autre endroit qui convenait mieux à ses besoins. Alors, l’usager dit dangereux par monsieur Bergeron ne vit pas à cette résidence. 

L’usager qui a tiré les cheveux, comme il mentionne, a fait énormément de progrès et c’est notre travail de les faire évoluer et de corriger certains comportements.

Il dénigre un milieu de travail qu’il ne connaît pas du tout. Tous adorent la clientèle à Boisclerc et c’est très sécuritaire.

On a eu la formation Oméga plus, comme les agents d’intervention. 

De plus, nos trois agents de sécurité sont excellents. Ils font partie de l’équipe et ce n’est pas vrai que les agents d’intervention seraient meilleurs qu’eux.

Donc, au lieu de parler contre un milieu qu’il ne connaît pas et se fier à un événement survenu en 2012, il devrait s’informer aux gens qui travaillent à Boisclerc tous les jours.

C’est facile de mettre la faute sur l’employeur, mais l’intervention est faite par l’intervenant et c’est à nous de travailler de façon sécuritaire. 

Créer un lien avec l’usager, connaître les moments de tension, être alerte, utiliser les moyens mis en place et travailler en équipe.

Si l’intervenant agit de cette façon et professionnellement, alors il réduit de 90 % les chances d’agression. 

Rien à voir avec notre employeur.

Ce n’est absolument pas vrai que l’employeur ne se préoccupe pas de nous, car si nous voulons des formations supplémentaires, nous pouvons en faire la demande à notre gestionnaire, nous avons l’autorisation d’avoir un agent de sécurité de plus lorsque la demande est faite pour certaines situations particulières. 

De plus, lors d’une réunion d’équipe, Mme Ouellet a pris de son temps pour s’informer à chacun de nous si nous étions bien à Boisclerc. Tous ont répondu oui. Et pour nous tous, c’est un geste qui démontre du souci pour notre sécurité et du soutien positif à continuer notre beau travail.

Il mentionne aussi le danger lorsqu’on administre un soin. 

On a tous reçu la formation sur la loi 90, pour les soins de santé et, encore là, c’est la responsabilité de l’intervenant. 

On n’administre pas un soin pendant une crise. C’est le gros bon sens et il ne risquera pas de se faire piquer, comme il le dit.

Tout le positif et les beaux moments avec nos usagers, il n’en parle pas. Pourquoi? Car avant d’être dans le syndicat, c’est censé être un intervenant. Un intervenant qui est censé aimer la clientèle et les faire cheminer. Pas les dénigrer.

Maryse Paradis, Éducatrice spécialisée RAC Boisclerc