La courtepointe, devenue le «patchwork» est un savoir-faire ancestral de nos aïeules québécoises.

Un jumelage bien tricoté

Qui a dit que les jumelages France-Québec sont des noces de papier? Chose certaine, ce n’est pas le cas de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier et de Palavas-les-Flots, jumelées depuis 22 ans.

En témoigne Suzan Pons, une artiste franco-américaine, installée à Palavas. Cette artiste hors du commun pratique un savoir-faire hérité de sa grand-mère québécoise : la courtepointe.

Les grands-parents de Suzan Pons ont pris racine en Nouvelle-Angleterre à la fin du XIXe siècle. Dans cette famille de neuf enfants, installée dans le Vermont, on reproduisait les us et coutumes du Québec. On parlait le français, on pratiquait la religion catholique et sa grand-mère Ida confectionnait de la catalogne et de la courtepointe. C’est à partir de ces pratiques artisanales de survie que Suzan Pons a développé un art incontestable, le patchwork. Au fil des ans, elle en est devenue l’une des grandes créatrices mondiales.

Suzan Pons habite maintenant Palavas-les-Flots où, dans son atelier, elle initie chaque année des dizaines de femmes à cette technique de création méconnue. Elle expose aussi dans plusieurs villes d’Europe.

Il n’a pas été évident pour Suzan de faire reconnaître le patchwork comme un art! Peu de gens voient encore dans ce fin tableau textile une explosion de talent et une mosaïque d’imagination, mais aussi des centaines d’heures d’assemblage et de couture. Bien loin des couvre-lits bricolés avec des tissus de récupération!

En 2019, Palavas-les-Flots et Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier sont encore proches par leurs attraits naturels et par leur qualité de vie. Mais désormais, les deux municipalités sont aussi des cousines de la fesse gauche par le partage d’un héritage séculaire, la courtepointe. Grâce à son talent et à son attachement aux savoir-faire ancestraux de nos aïeules québécoises, la courtepointe, devenue le patchwork, a gagné ses lettres de noblesse.

Élaine Hémond, Québec