Un fiasco à prévoir avec les radars photo

Les radars photo au Québec sont dans le rouge et il fallait s'y attendre. Si nous avions seulement regardé l'expérience au Royaume-Uni où 6000 speed cameras, dont la moitié ne fonctionneraient plus, surveillent les déplacements des usagers de la route. Roger Reynolds, le policier qui était le responsable du maillage des caméras et qui avait activé le premier appareil en 1992, a déclaré que le programme est maintenant un fiasco. Initialement, le but était d'attraper les plus rapides.
Dès que l'on installe un appareil à un endroit, ce sont les conducteurs distraits qui se font prendre et avec le temps, les revenus sont en baisse au point où les radars deviennent alors la taxe des non-résidents du secteur. Puisqu'il faut bien payer les compagnies qui fournissent le service à fort prix, il a fallu progressivement abaisser le seuil acceptable du déclenchement de l'obturateur. En 2000, les municipalités et les councils qui étaient responsables de l'entretien des radars ont demandé un pourcentage des recettes. Pour compenser le déclin des revenus, on ajoutait d'autres appareils. Les speed cameras sont donc devenues des scameras (traduction de scam : arnaque) dans l'opinion publique.
En 2006, à la suite des conclusions du Transport Research Laboratory, le gouvernement finit par concéder que la vitesse excessive est responsable dans seulement 5 % de l'ensemble des collisions et elle est un facteur contributif possible dans 8 % de plus. Quatre ans plus tard, le gouvernement de coalition décide de couper de 40 % les fonds du programme des radars photo. Swindon devient la première ville à éteindre ses caméras. Les villes de Devon, Somerset, Cornwall, Oxfordshire, Portsmouth, Wiltshire et autres suivront le bal parce que le système coûte plus cher qu'il ne rapporte. Aviez-vous remarqué que votre assureur privé règle bien plus de dossiers de petits accrochages qui se produisent à des vitesses inférieures à celles des limites affichées que des pertes totales résultant de vitesses inappropriées? 
Jean Livernois, Québec