Un devoir de mémoire

Qui que nous soyons, nous avons tous été marqués par le drame de la fusillade survenue le 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée de Québec. Depuis cette date, notre mémoire collective reste à jamais imprégnée par l’horreur, la stupéfaction, la compassion à l’endroit des victimes et de leurs familles et nul doute aussi par le désir de tout faire pour qu’un tel geste ne se reproduise jamais, ni ici, ni ailleurs.

Un grand travail de prise de conscience, de réflexion et de dialogue s’avère des plus impératifs pour revoir la façon avec laquelle nous voulons vivre ensemble surtout dans un Québec de plus en plus enrichi de l’apport d’immigrants venant de divers horizons. Avant d’appartenir à la confession juive, musulmane, catholique, protestante, bouddhiste, Bah’aïe ou autre, et même sans appartenance religieuse aucune, l’être humain est avant une personne dont l’histoire et la destinée sont uniques.

Chacun d’entre nous recherche le bonheur. Il le découvre dans la mise en valeur de ses talents et de ses compétences pour travailler à améliorer le monde et subvenir aux besoins de sa famille et à l’avenir de ses enfants. Au terme de sa vie, il regarde avec satisfaction tous les sacrifices accomplis pour le bien de sa famille et l’ensemble de la société. Il est heureux alors d’avoir contribué au bonheur de tous en ayant exercé son devoir de citoyen.

Le dialogue interreligieux porte en lui cette finalité de mettre d’abord l’accent sur l’objectif commun de bâtir un monde plus juste et plus humain. Par ailleurs, plutôt que des obstacles, les différences de foi, de doctrine et de rites sont vues, par la suite, comme des opportunités de réflexion et d’enrichissement de chacune de nos confessions religieuses respectives. C’est dans cette direction que ce dialogue devrait s’engager au cours des prochaines années en vue du bien commun.

Pour l’heure, il convient cependant de nous arrêter pour nous souvenir de ces Québécois de confession musulmane tombés au moment de leur prière. À cette fin, je convie les résidents de la région immédiate de Québec à deux rendez-vous importants : dimanche au Pavillon de la Jeunesse et lundi à la Grande Mosquée de Québec, pour des temps de recueillement et de solidarité à l’endroit de ces victimes (www.ville.quebec.qc.ca/tousunis). Il va sans dire que nous aurons alors une pensée toute particulière à l’endroit de la famille Carrier marquée elle aussi par un geste similaire le 15 janvier 2016 au Burkina Faso.

Pierre Lefebvre
Québec