Tesla modèle 3

Un coup de pouce de Trump aux véhicules électriques

Le 2 août dernier, le gouvernement américain a pris la décision de suspendre les mesures d’économie d’énergie des véhicules à partir de 2020. Ces mesures mises en place par le gouvernement Obama ont permis aux citoyens d’économiser jusqu’ici 64 milliards $ en carburant et de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Il va sans dire que la décision du gouvernement Trump de revoir à la baisse ces exigences vise à avantager les pétrolières. Or, rien n’est moins certain, car en 2020, le contexte sera différent au point où cette décision pourrait accélérer la transition technologique.

Au début de l’ère Obama, tout était à faire quant à l’électrification des transports. Les premiers véhicules électriques étaient rares, chers et peu performants. Pour diminuer significativement les émissions, il n’y avait qu’un choix : il fallait s’attaquer à la consommation des véhicules à combustion.

Aujourd’hui, les batteries les moins chères sur le marché coûtent 10 % de ce qu’elles valaient en 2010. Et en 2020, ce sont les blocs assemblés de piles (les packs de batteries) qui coûteront moins de 100 $/kWh. Les constructeurs pourront produire des véhicules extrêmement performants à un prix inférieur à leur version à essence.

Les signes de cette transition sont clairs. Depuis deux ans, les ventes de voitures de luxe aux États-Unis sont dominées par la Tesla modèle S. La Tesla modèle 3 s’est hissée parmi les 10 modèles de voitures intermédiaires les plus vendus (toutes catégories confondues), raflant le tiers des ventes de son segment.

Dans deux à quatre ans, avec la poursuite de la baisse du coût des batteries — puisqu’il s’agit de produits manufacturés dont les coûts baissent à mesure qu’augmente leur production —, il n’y aura plus de segment où la voiture à essence conservera l’avantage. Conséquemment, en augmentant le coût d’utilisation des véhicules à essence, Trump ne risque-t-il pas d’amener encore plus rapidement les consommateurs à choisir la nouvelle technologie rendue moins chère?

Si nous n’avions pas d’autre choix que le moteur à combustion, Trump arriverait probablement à aider ses amis. Le risque est maintenant grand qu’il donne un coup de pouce aux constructeurs de la Californie et de la Chine… et nuise aux États républicains où GM, Chrysler et Ford produisent. Que voulez-vous, à force de chercher à emberlificoter, il arrive qu’il se «Trump» lui-même!

Sébastien Collard
Québec