Les soeurs Constance et Célestine Uhde, 13 et 15 ans, ont fait parlé d'elles en début de semaine avec le mouvement féministe Carrés jaunes, qui revendique une réforme du code vestimentaire dans les écoles de Québec.

Un carré jaune pour le français peut-être?

En réaction au texte «Des règlements sexistes», paru le 27 mars

Après lecture de l’article «Des règlements sexistes», je me suis dit que plus les années passent, plus on est aux prises avec les mêmes problèmes. Comme ancienne enseignante au secondaire, j’ai vécu les années des fameux gilets bedaine et toutes les discussions et les restrictions que cette mode pouvait susciter entre les professeurs et les élèves. J’aurais aimé que sur la photo couverture, ces jolies demoiselles portent les tenues qu’elles désirent porter à l’école, mais elles ont plutôt opté pour des tenues plutôt modestes, c’est à se demander pourquoi...

Je comprends que les jeunes aiment tenir compte de la mode entre eux. Ils devraient comprendre que les règlements que l’école impose ne sont que des préparatifs aux exigences du milieu de l’emploi. Ces mêmes jeunes qui travaillent dans les restaurants fast food se prêtent volontiers aux exigences vestimentaires de leur employeur. On a rarement vu des adolescents demander des uniformes moins couvrants pour exercer ces tâches. Quel que soit leur futur métier ou profession, une tenue vestimentaire appropriée s’impose d’elle même. Il est bon de se rappeler que l’école est un milieu d’instruction et d’éducation et elle gardera toujours cette vocation.

Ces règlements n’ont rien de sexiste, mais découlent du gros bon sens, comme disait Joseph Arthur. On m’a appris qu’il faut faire une différence entre la tenue que l’on porte à l’école, au travail et à la maison. Parce qu’il y en a une. Tout ceci fait partie du respect de soi et de celui des autres et des règles du savoir-vivre. Qu’est-ce que ce désir de montrer plus de peau pour suivre des cours? Je crois que les préoccupations des élèves devraient plutôt s’orienter vers des problèmes beaucoup plus importants comme l’amélioration du français par exemple. Pour cet enjeu, là je lèverais mon carré jaune avec eux.

Combien y a-t-il aujourd’hui de jeunes de cinquième secondaire qui peuvent écrire une phrase sans faute? Très peu à mon avis parce que je l’ai vécu dans mes classes. À vous, jeunes filles, choisissez mieux vos revendications parce que celui de la tenue vestimentaire me paraît assez secondaire et éviterait bien des maux de tête inutiles pour les élèves comme pour les enseignants.

Jocelyne Fournier
Saint-Georges-de-Beauce