Carleton-sur-Mer

Un barachois en questionnement

POINT DE VUE / Carleton-sur-Mer, un endroit merveilleux, un site privilégié de longue date, comme en fait foi l’appréciation suivante : «Ma jeunesse! La Baie-des-Chaleurs, les homards, le pain chaud, le bonheur sans nuage… Carleton! les plus heureuses années de ma vie!» Jeanne Marcil (grand-mère de l’animateur Charles Tisseyre).

Un joyau entre mer et montagnes, mais avec un environnement fragile comme le prouve l’engagement mutuel de cette entente entre le ministère de l’Environnement et de la Faune et la Ville de Carleton visant la conservation du Barachois-de-Carleton comme refuge faunique (1995).

Dans ce refuge, Carleton-sur-Mer abritait alors une des plus importantes colonies de sternes pierregarin de l’est du Québec. Le club des ornithologues de Carleton-sur-Mer de l’époque avait recommandé l’aménagement de trottoirs de bois comme vous les retrouvez dans la réserve faunique de Cap-Tourmente. Une firme en a décidé autrement pour la construction d’une tour d’observation. Décision aux conséquences irréversibles, la colonie de sternes pierregarin est partie.

Voilà qu’aujourd’hui, le Conseil de Ville approuve l’agrandissement d’un secteur pour l’installation de yourtes flottantes. Je me suis opposé bec et ongles à ce que la vocation écologique du Barachois-de-Carleton, en pleine régénérescence après le flottage du bois dans sa partie est, soit empiétée encore plus par une vocation commerciale, qui plus est, au bénéfice d’un entrepreneur privé. On me dit que l’on confiera l’étude du projet à une firme. Depuis l’expérience passée, je me méfie et je n’accorde pas de valeur exhaustive à ce genre d’études. Encore une fois, je ne veux pas qu’une firme rende «infirme» notre environnement. Les conséquences de nos gestes sont malheureusement trop souvent irréversibles. Avec les changements climatiques, les yourtes flottantes sont peut-être l’habitation de l’avenir. Personnellement, je préfère attendre encore un peu.

Que notre vigilance soit contagieuse.