Le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) refuse de donner son aval au projet de loi 100, qui ouvre la porte à un projet-pilote avec Uber.

Uber et notre liberté

Où vont nous conduire la mondialisation et ce nouveau concept «l'économie du partage»? Uber et toutes ces autres firmes internationales qui disposent de moyens illimités, comme Google, nous donnent un avant-goût de ce que sera le monde de demain. Un monde contrôlé par des multinationales qui viendront dicter à nos politiciens et nous, les consommateurs, comment se comporter, quoi manger, où aller, en plus de fournir aux gens intéressés toute l'information qu'ils disposent sur nous. Ce qui est le plus inquiétant, ces «contrôleurs» auront un contrôle illimité sur notre vie privée, ils seront une référence pour les chercheurs d'emplois, les chasseurs de têtes, et j'en passe.
Pourquoi? Parce qu'Uber, les R, Facebook, Twitter et grandes surfaces de ce monde, qui vous font adhérer à une carte de fidélité, enregistrent sur vous une foule d'informations personnelles. Si on prend l'exemple d'Uber, il collige sur ses chauffeurs des informations sensibles telles que le nom, la date de naissance, le numéro d'assurance sociale, le numéro de la ou des cartes de crédit, la description de son véhicule, etc. Quant au client, il doit lui aussi fournir à Uber nom, adresse, numéro de carte de crédit, destination, etc. Et encore pourquoi? Parce qu'avec leurs technologies,Uber fait du «traçage».
Ce qui est en train de se passer est inquiétant. Bientôt la vie privée sera chose du passé (si ce n'est pas déjà fait). Ces voraces entreprises sont présentes un peu partout dans le monde, et la majorité de celui-ci sera bientôt sous leur emprise. En se cachant derrière le thème «l'économie de partage», concept assez flou, ces «affamés du pouvoir et de l'argent» vont appauvrir nos gouvernements et notre société en ne payant pas leurs taxes et en transférant leur argent dans des paradis fiscaux.
Est-ce cela l'avenir? Quand nos jeunes, principalement l'aile jeunesse du Parti libéral, préconisent l'économie du partage et font l'éloge d'Uber, est-ce qu'ils savent de quoi ils parlent, est-ce qu'ils connaissent les répercussions de la reconnaissance légale de ces entreprises qui ne respectent pas les lois, qui défient nos gouvernements jusqu'à ce que ceux-ci se mettent à genoux? Est-ce cela l'avenir? Est-ce ce que nous voulons?
Moi, je dis non. Aujourd'hui, le gouvernement vient d'écrire une nouvelle page d'histoire dont le titre devrait se lire ainsi : «Devant le pouvoir de l'argent, nous nous inclinons».
Nous pouvons dire adieu liberté, adieu respect de la vie privée. Le gagnant, c'est Uber; le perdant, c'est nous, citoyens, nous, personnes libres (pour le moment).
Jacques Larose
Québec