Papiers White Birch

Tyrans du XXIe siècle

Encore une nouvelle déception que doivent subir les employés retraités de l'entreprise Papiers White Birch de Québec. Après avoir perdu beaucoup d'argent à la suite de la fermeture de l'usine Stadacona en décembre 2011, ces retraités ont encore à vivre les contrecoups d'un des plus mauvais employeurs que la Ville de Québec ait connu depuis sa fondation. Un degré d'irresponsabilité innommable! Ils attendent encore un chèque qui leur est dû à la suite des dernières ententes légales convenues entre les parties. Les sommes mises en cause sont tellement importantes que nous devons les qualifier de montants de subsistance. Une question s'impose : quand arrêtera cette saga interminable? C'est justement sur ce point que nous devrions tous réfléchir.
Encore une nouvelle déception que doivent subir les employés retraités de l'entreprise Papiers White Birch de Québec. Après avoir perdu beaucoup d'argent à la suite de la fermeture de l'usine Stadacona en décembre 2011, ces retraités ont encore à vivre les contrecoups d'un des plus mauvais employeurs que la Ville de Québec ait connu depuis sa fondation. Un degré d'irresponsabilité innommable! Ils attendent encore un chèque qui leur est dû à la suite des dernières ententes légales convenues entre les parties. Les sommes mises en cause sont tellement importantes que nous devons les qualifier de montants de subsistance. Une question s'impose : quand arrêtera cette saga interminable? C'est justement sur ce point que nous devrions tous réfléchir.
Dans le contexte de la mondialisation, on sait que la globalisation des marchés a inévitablement créé une marchandisation de la main-d'oeuvre sous toutes ses formes, ce qui a produit systématiquement les pires dénominateurs en ce qui a trait au salariat. Il faut se rendre à l'évidence, l'économie de marché fait son oeuvre et nous en subissons les secousses à un rythme non pas sporadique, mais plutôt permanent et effréné. Sur le plan commercial, la compétition est si agressive que cela entraîne les États à négocier des partenariats qui se matérialisent par de nouveaux traités de libre-échange qui vont au-delà des accords transatlantiques et transnationaux.
Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons comme salariés des grandes entreprises espérer que nos gouvernements élaborent des politiques plus pragmatiques envers les irresponsabilités de ces groupes industriels délinquants. En ne pouvant se fier sur l'interventionnisme de l'État en ce qui concerne toutes les transgressions sauvages que les durs capitalistes de cette planète infligent à leurs employés assujettis, ne faudrait-il pas finalement substituer l'État par l'individu lui-même?
À partir du moment où l'on sait pertinemment que le capitalisme ne réussira jamais à humaniser la nature même de son idéologie, que la gouvernance des institutions démocratiques ne prendra jamais les moyens de peaufiner des lois susceptibles de contrecarrer les violations patronales toujours en évolution, il serait temps, à mon humble avis, que les citoyens de ce monde, les travailleurs de la classe ouvrière, se concentrent à dessiner les contours de ce que pourrait représenter une nouvelle stratégie de défense. Son modèle pourrait se constituer d'une force monolithique capable de s'organiser en s'appuyant si possible sur le renfort du grand lobby syndical.
À défaut d'un appui modéré, voire nonchalant, de ce lobby important, il serait nécessaire que le travailleur ait lui-même la ferme intention d'agir et se positionne comme «négociateur en chef» des conflits à venir dans le but de préserver ses acquis et, du même coup, diminuer l'appétit vorace des businessmen existant. Cela suppose évidemment que soit créé un collectif de grande amplitude.
Il serait à souhaiter que ces nouvelles contestations se manifestent de façon graduelle, assez pour qu'elles s'apparentent à une révolution - non pas de saccage, mais bien en une véritable «révolution de négociation». Les expériences françaises le démontrent très bien. Elles ont prouvé par le passé et même encore aujourd'hui, qu'en adoptant une attitude de légitime défense envers les innombrables injustices des multinationales, les salariés pouvaient encore obtenir des gains, sinon stopper l'hémorragie des délocalisations d'entreprises diverses. Afin de limiter les dégâts provoqués par les aspirations vicieuses de ces tyrans de l'ère moderne, je crois que nous ne pouvons se désister d'un investissement de chacun et encore moins s'abstenir d'initier un commencement d'opposition si nous voulons un jour parvenir à une fin. Pour la majorité d'entre nous, cette démarche peut ressembler à un idéal qui ne peut être envisageable, mais j'estime avec toute modestie qu'elle aura au moins le mérite que l'on s'y attarde.
Mario Bérubé, Stoneham